A propos de la prise de conscience du grand public sur le pic pétrolier

Mais pourquoi les gens ne prennent-ils pas conscience de ce qui est en train de se passer au niveau du pétrole, du pic pétrolier, et de ses conséquences ?

C’est la question que se pose régulièrement les quelques initiés qui sont au fait du problème, notamment quand ils en parlent autour d’eux.

On a franchement tendance à ne pas comprendre quand on voit que jour après jour, les médias parlent toujours de toutes autres choses, volontiers centrées sur les affaires franco-françaises, sans s’inquiéter le moins du monde de ce qui va nous tomber dessus.

Pour prendre un point de comparaison, on peut citer l’exemple du réchauffement climatique, où la prise de conscience du grand public s’est faite vers 2006, alors que le phénomène est à très long terme, comparé au pic.

C’est aussi ce qui étonne : la différence d’ordre de grandeur au niveau des délais entre la crise pétrolière et le réchauffement.
La crise pétrolière se nourrira de la reprise et du rétrécissement de la volatilité entre l’offre et la demande. Le pic est au plus à cinq ans (2015), comparativement aux dizaines d’années du réchauffement climatique.

Et même s’il faut tenir compte de la grande proximité, de l’ordre de quelques années, du seuil d’irréversibilité du réchauffement.

Il faudra simplement trois facteurs cumulatifs pour que les gens comprennent vraiment ce qui se passe, à un moment où le piège pétrolier se sera refermé :

  • La flambée du baril consécutive aux difficultés de production en fonction de la demande.
  • La couverture médiatique grand public parce-que «c’est de l’actu».
  • Que les gens se sentent véritablement touchés dans leur quotidien.

A ce moment, on aura vraiment une prise de conscience et c’est alors qu’on pourra mesurer le degré d’impréparation pour un événement pareil.
Certes, nous ne démarrerons pas de zéro, car le Grenelle de l’Environnement si décrié, sur les 440 milliards prévus sur dix ans, en consacre près de 420 dédié uniquement à la transition énergétique.

L’édito de Jean-Louis Borloo consacré à la journée française de la Mobilité Durable en septembre 2008, en prélude à la journée européenne sur le même thème, faisait déjà état de « la raréfaction des ressources fossiles ».

S’il est généralement de bon ton de dénigrer les initiatives prises, le Grenelle a néanmoins le mérite d’exister, il n’est peut-être pas parfait mais il est là.

Le problème, comme toujours, est de savoir où on va trouver l’argent pour financer le programme.
Car ce n’est pas le Grenelle qui va nous sauver du choc économique mondial, alors que le coût du dispositif a été paramétré sur les bénéfices linéaires d’une économie de marché sans heurts.

Mais finalement, le meilleur ennemi de la prise de conscience est l’énormité du phénomène.
C’est tellement énorme que cela ne peut pas arriver, comme si le paradigme dans lequel nous vivons est un rempart contre toute remise en cause du système.

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