Afrique du Sud : Les énergies renouvelables pour lutter contre la crise énergétique.

cap de bonne espSelon une étude menée par Platts, le principal fournisseur mondial d’informations sur l’énergie, la crise énergétique que connaît l’Afrique du Sud, serait due en partie à sa réticence à exploiter ses abondantes sources d’énergies renouvelables. Des discussions entre des analystes industriels au sujet de comptes-rendus de documents d’Eskom (producteur et distributeur d’électricité national géré par l’Etat) et du gouvernement Sud Africain ont montré que les énergies renouvelables n’ont rencontré que peu d’intérêt en dépit de leur potentiel pour aider le pays à combattre ses problèmes en matière d’énergie.

Pourtant, « De toute évidence, l’Afrique du Sud constitue une région idéale pour l’énergie solaire, éolienne et le biogaz. C’est également un lieu à considérer pour développer les énergies marines, si la technologie le permet, a annoncé un analyste du cabinet de conseil Frost & Sullivan. Malheureusement les énergies renouvelables n’ont pas joué un rôle important en Afrique du Sud à ce jour ».

Une demande en électricité impossible à satisfaire.

Eskom, qui contrôle 95% de la production d’énergie du pays et la quasi-totalité de sa diffusion, n’ a montré en effet que peu d’intérêt à ce jour pour les énergies renouvelables : son monopole, combiné avec l’absence d’investissements financiers de la part de l’Etat pour la production d’énergies renouvelables et de subventions pour l’alimentation électrique des foyers pauvres ont en effet exclus les sources d’énergies renouvelables du marché. Selon l’analyste du cabinet Frost & Sullivan, Cornelius Van der Waal, « Il y a très peu de concurrence et le prix de l’électricité est si faible que les retours sur investissements pour les énergies renouvelables sont assez longs ».
D’une certaine façon, l’Afrique du Sud est victime de son propre succès. L’économie du pays a fonctionné à plein régime au cours des dernières années et a imposé de lourdes contraintes sur l’infrastructure électrique et a occulté l’efficacité énergétique. Avec une demande d’électricité supérieure à ses capacités à en fournir, Eskom a été contraint à pratiquer cette année un délestage par le biais d’interruptions de services dans certaines zones.

Une production d’électricité dépendant à 75% du charbon.

Le problème s’étend au-delà des frontières Sud Africaines, car les pays voisins comme la Zambie dépendent de ses exportations et ont ressenti l’impact du délestage d’Eskom. Dans un prochain rapport, Frost & Sullivan prévoit que la crise énergétique en Afrique du Sud durera jusqu’en 2012 et explique qu’il n’y a aucune solution rapide pour résoudre le problème. Aujourd’hui, la production d’électricité dépend à 75% du charbon, ce qui le rend vulnérable en raison des variations de prix. Frost & Sullivan prône pour la promotion de l’investissement privé et souhaite que l’Afrique du Sud prenne l’exemple de la province canadienne d’Ontario, où l’état subventionne la production d’énergie renouvelable.

La France finance un parc éolien.

Selon une analyse de la Renewable Energy and Energy Efficiency Partnership (REEEP) réalisée en février 2008, les énergies renouvelables pourraient représenter en 2050 la moitié des besoins énergétiques de l’Afrique Australe, à un cout moindre qu’actuellement, mais cela impliquerait une réorganisation de la politique énergétique de la région en instituant une planification et une coordination régionale.
Eskom n’a jusqu’à présent montré qu’un tiède intérêt pour les énergies renouvelables mais l’entreprise souhaite ajouter 1 600 MW, soit 2% de production d’énergie renouvelable d’ici les 20 prochaines années par le biais d’énergie solaire, biomasse et hydroélectrique et éolienne. Par ailleurs, lors de la visite d’Etat du président Nicolas Sarkozy en Afrique du Sud en Février 2008, plusieurs accords ont été conclus en matière énergétique, dont le financement par l’Agence Française de Développement (AFD) de l’installation de parcs d’éoliennes pour une valeur de 100 millions d’euros.

Marion Rotrubin
Sources : http://www.reeep.org/57.10133/amid-outgages-south-africa-moves-slowly-on-renewables.htm

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/41812.htm

http://www.southafrica.info/overview/francais/energie.htm

http://www.afd.fr/jahia/Jahia/lang/fr/home/Presse/Communique/pid/3639

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