Le projet Otway, permettant de stocker du dioxyde de carbone dans des réservoirs géologiques souterrains, a été lancé en avril 2008 en Australie. Son but est de compenser les émissions de gaz à effet de serre.
Basé sur le concept de la « géoséquestration », le projet Otway, consiste à compresser et à enfouir 100 000 tonnes de dioxyde de carbone à 2 kilomètres sous terre, sur le site d’un réservoir géologique de gaz naturel
épuisé. Cette opération d’envergure internationale a été menée conjointement par le Cooperative Research Centre for Greenhouse Gaz Technologies (CO2CRC) et des chercheurs de Nouvelle-Zélande, des Etats-Unis et du Canada.
Le captage et le stockage de CO2 (CCS) est l’une des solutions envisagées pour stabiliser les émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Objectif : stocker le CO2 pendant 300 ans minimum
Etudiée depuis 2001, cette technique de stockage géologique du CO2 est encore aujourd’hui au stade expérimental et fait l’objet de recherches aux quatre coins de la planète. En effet, l’enjeu est de taille : la consommation de charbon est croissante, notamment car l’importance des stocks géologiques internationaux faiblit de façon moins rapide que ceux de gaz ou de pétrole.
Le stockage géologique pourrait permettre de stoker sur le très long terme des quantités importantes de CO2. La durée serait de trois siècles au minimum afin de dépasser l’ère d’utilisation des énergies fossiles. Ce concept s’appuie sur l’existence de gisements naturels de CO2 intacts depuis plusieurs millions d’années.
Le projet Otway en Australie est ainsi une forme de « test grandeur nature » et une série de procédures de contrôle ont été mises en place afin de déterminer les risques potentiels, l’efficacité et le comportement du gaz injecté dans le réservoir.
Le captage et le stockage de CO2 font l’objet d’une recherche intense
En Inde, une équipe du National Geophysical Institute (NGRI) travaille actuellement sur la séquestration du carbone dans les roches basaltiques qui permettrait, grâce aux propriétés de la roche et sous des conditions de pression et de températures particulières, de fixer le carbone et d’en faire du carbonate de sodium solide en quelque semaines seulement.
Des chimistes français et étrangers, provenant notamment de plusieurs laboratoires associés au CNRS ont achevé de mettre au point en mai 2008 un nouveau matériau (le MIL_101) capable de stocker 400m3 de CO2 à 25° alors que jusqu’à présent le potentiel des matériaux existants était de 200m3.
Marion Rotrubin
Sources :
http://www.industrie.gouv.fr/energie/prospect/textes/sequestration.htm
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1334.htm
www.bulletins-electroniques.com/actualités/54484.htm
