Le monde sera face à un avenir “terrible” sans changement de cap radical face à l’augmentation de la demande d’énergie, a avertit mercredi l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) au cours d’une réunion de deux jours.
La hausse de la demande mondiale d’énergie devrait être de 35 % au cours des 25 prochaines années. Et devrait être dûe à 90 % à la demande hors des pays développées. Cette augmentation qui concerne toutes les fournitures d’énergie devrait être de 47 % d’ici 2035.
Pour le seul pétrole, l’Agence prévoit qu’elle passera de 84 à 107 millions de barils/j en 2035. Quand dans le même temps elle rappelle que 2,5 à 3 millions de barils/j provenant des principaux champs sont définitivement perdus en raison du déclin annoncé depuis 2009.
Il faut quand même préciser que le déclin est en réalité d’au moins de 5 %, et que cela correspond donc à plus de 4 millions de barils en fonction de la production actuelle, ce qui fera avec l’année prochaine une décrue cumulée de près de 12 millions, depuis le début de cette chute de production.
On pense déjà à avoir des difficultés à fournir 90 millions, cela semble encore donc plus problématique de pouvoir fournir davantage en même temps que l’augmentation de la demande.
Le lien entre choc pétrolier et ralentissement économique
Cette annonce a lieu un peu avant la sortie du rapport annuel de l’Agence, le World Energy Outlook (WEO), prévue pour le 9 novembre. Ce qui est une manière comme une autre de préparer le terrain.
Le pic pétrolier ne serait donc pas pour demain, mais pour après-demain, si le monde ne modifie pas la courbe de ses besoins. Concernant une date de survenue des problèmes, il n’y a plus un expert sérieux qui donne un pronostic.
Car nous sommes dans l’épaisseur du trait et pour qui s’informe du sujet, cela peut très bien intervenir dans le court terme, au moins pour le problème de l’offre face à la demande (voir “Une genèse de la crise pétrolière”).
David Fyfe chef de la division de l’industrie et des marchés pétroliers à l’AIE, avait quand même rappelé dans une note sur les marchés pétroliers, la corrélation entre le ralentissement économique consécutif à chaque choc pétrolier, déjà évoqué par d’autres sources.
Et en plus, la condition sine qua non pour assurer le développement du modèle énergétique mondial est d’injecter 38 000 milliards de dollars d’ici 2035. Pour peu qu’il y ait des problèmes d’offre et de demande dans le court-terme, avec les conséquences économiques qui s’en suivraient, où va t-on trouver l’argent sur fond d’endettement des Etats ?
Source :
Romandie et presse économique

