Le baril de brent qui poursuit sa course folle

Depuis tout juste une semaine, le baril de brent (1) prend des airs de fusée Ariane visant les confins de la stratosphère : 114,14 dollars hier soir, rien que cela ! Le 18 février tout  juste, le précieux liquide était encore seulement à 102,87 dollars. Ce qui veut dire que le bougre a pris plus de 10 % en une semaine.

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Vidéo du 23 février sur la crise en Lybie

Le 31 janvier le baril revenait à 100 dollars, après deux ans de pause et il touchait un plus haut jeudi avec 119,79 dollars. Le brent a pris 23 % depuis le début de l’année.

Les raisons qui entraînent cette poussée de fièvre sont les troubles importants en Lybie, qui pourraient s’étendre à d’autres pays producteurs.

Car le pays est tenu d’une main de fer par Kadhafi depuis 1969. On peut donc raisonnablement penser que même si la Lybie peut basculer du fait d’un soulèvement populaire, tout est possible concernant les autres pétro-monarchies ou pétro-dictatures.

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime que cette crise a retiré du marché de 500 à 750 000 barils/jour de brut, soit  aux alentours de 1 % de la seule production mondiale quotidienne de brut.

Et la crainte qui alimente la hausse des prix, est que cette situation si elle devenait durable pourrait menacer la sacro-sainte « croissance » mondiale.

Les réserves de pétrole situées à l’est sont sous le contrôle des partis d’opposition au “guide” Lybien, contrairement à ce qu’affirme le régime, tandis que les base militaires cantonnées dans cette région ont été évacuées et ne seraient plus sous contrôle (2).

La crise en Lybie et le peak oil sont deux choses différentes

Mais il faut savoir raison garder. Incertitudes géopolitiques nées de la crise Lybienne, ne veut pas dire qu’il y a un problème de fond dans l’immédiat, concernant la production de pétrole en général, et le peak oil (plafond historique de production) en particulier.

Pour l’heure, les marchés craignent essentiellement des ratés dans l’approvisionnement liés à des manques éventuels de production.

La vraie question est de savoir combien de temps cela va durer, et surtout est-ce que cela va participer à un problème plus général de fourniture d’or noir.

La crise actuelle va-t-elle alimenter un problème de production des pays de l’OPEP, qui pourraient alors à leur tour rentrer dans des difficultés de production, dont on ne serait plus très bien quel serait véritablement l’origine du problème.

Justement, l’OPEP affirmait il y a peu pouvoir mettre 4 millions de barils /jour sur le marché très rapidement. C’est un bon test pour savoir s’ils sont rééllement capables d’augmenter la production, ne serait-ce que pour pallier aux éventuels aléas.

Et évidemment l’autre possibilité, pour ne pas dire tentation, est de noyer le poisson, en faisant état de la crise des pays arabes afin de masquer une réalité autrement plus préoccupante qui serait que la production n’arrive pas à compenser le déclin des champs actuellement en cours.

Et pendant ce temps le prix de l’essence grimpe !

Le 18 février, le super sans plomb 95 atteignait 1,46 euro, le litre de gazole 1,31 euro et le fioul domestique 0,86 euro.

Hier on trouvait le gazole a 1,357 sur le périphérique Parisien.

A ce propos, si vous voulez payer votre essence moins cher, n’hésitez pas à cliquer sur “Trouver la station la moins chère !” en page d’accueil du site.

Philippe Aubert

(1) Pétrole coté à Londres, à la différence du WTI coté à New-York, toujours sous la barre des 100 dollars.

Sources :

(2) Vidéo illustrant l’article TVA Nouvelles/Québec

Presse économique

 

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