La période 1980-1990 se caractérise, au début, par une demande pétrolière inférieure à l’offre qui provoque une tendance à la baisse des prix . Les pays de l’OCDE se fournissent en priorité auprès de pays non membres de l’OPEP. L’OPEP ne contrôle d’ailleurs plus que 38 % de la production mondiale.
Pour autant le rôle du Moyen-Orient ne se réduit pas. Pour trois raisons. D’abord, la demande ne cesse d’augmenter dans le monde entier. Ensuite, il apparaît nécessaire de bénéficier d’un surplus de l’offre, et le Moyen-Oriuent qui dispose de réserves importantes occupe une place privilégiée. La communauté internationale ne peut que s’y intéresser. Et c’est cela qui explique la première guerre du golfe, en 1991. C’est une des raisons qui expliquent également que les Etats-Unis appliquent des restrictions drastiques aux relations commerciales avec la Libye et l’Iran, en réaction à leur appui au terrorisme international.
L’instabilité du Moyen-Orient où les conflits armés sont toujours à redouter, pousse la communauté internationale à consolider les autres régions productrices de pétrole : golfe de Guinée, golfe du Mexique, mer Caspienne, Brésil, Australie. Simultanément, des compagnies tentent l’exploitation de pétroles non conventionnels comme les bruts lourds de l’Orénoque ou encore les bitumes de l’Athabasca. Et la Russie réinvestit dans ses installations pétrolières pour rejoindre la production de l’Arabie saoudite. C’est une véritable diversification géographique qui s’opère alors que les zones peu productives voient leur croissance s’accélérer. Le développement de l’Asie du sud Est, mais surtout de la Chine et de l’Inde, augmente encore le déséquilibre entre le Sud et le Nord, en compliquant encore la dépendance interrégionale.
La communauté internationale multiplie les solutions pour réduire l’insécurité que cette dépendance risque de faire courir aux approvisionnements. Les pays exportateurs deviennent petit à petit dépendants des pays consommateurs qui financent leur industrie, leur armement et pourvoient à leurs besoins de produits de première nécessité. Par ailleurs, les compagnies internationales ont su rentrer dans le jeu en assumant le risque industriel et financier et en apportant technologies et capitaux pour s’imposer comme des partenaires indispensables. Enfin, le dernier atout des états consommateur et de contrôler l’organisation du transport maritime afin de garantir la liberté de circulation du pétrole.
