Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979

Au début des années 1970, la demande de pétrole augmente, en particulier aux États-Unis où l’extraction coûte de plus en plus cher. Les américains choisissent de s’approvisionner à bas prix au Moyen-Orient. Mais le dollar se dévalue et les pays exportateurs s’estiment exploités. Une vague de hausses des prix du pétrole a lieu.

Dans le même temps, les membres de l’OPEP tiennent un discours radical comme l’Algérie, la Libye, ou l’Irak, ou souhaitent une prise de participation progressive et affirment leur souveraineté sur leurs ressources pétrolières. Les relations se tendent en octobre 1973, au moment de la guerre de Kippour. Solidaires avec les Palestiniens, les pays arabes utilisent l’arme du pétrole : réduction du volume des exportations, embargo contre plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis, quadruplement du prix du pétrole brut à 11,65 dollars, décision unilatérale des ajustements du prix du brut, prise de contrôle d’au moins 51 % des concessions non encore nationalisées.

La confusion s’en suit en occident. Les Etats-Unis envisagent un temps de ne plus faire appel au pétrole de l’Opep, puis prennent l’offensive en créant l’Agence internationale de l’énergie (AIE) (lien vers la page AIE). Totalement dépendants, les pays européens se divisent. La France, liée par l’histoire à de nombreux pays arabes, joue sa propre partition en souhaitant renforcer le rôle de l’ONU et repenser les conditions du dialogue Nord-Sud.

Ce sont les pays en développement qui font le plus brutalement les frais de cette hausse, puisqu’ils sont amenés à s’endetter auprès de la communauté internationale. Ce qui correspond à l’apparition du terrorisme international. En 1979, la chute du Shah, et le retrait du pétrole iranien, entraîne le deuxième choc pétrolier malgré les signes de reprise économique. Ce double choc, en moins de dix ans, modifie radicalement l’économie de la planète. La hausse des prix du brut rend économiquement rentable l’exploitation de gisements plus difficile d’accès que ceux du Moyen-Orient. L’exploration puis progressivement la production est relancée à de nombreux endroits : Indonésie, Afrique, mer du Nord, Amérique latine, URSS. Le pétrole s’avère rentable sur tous les continents. Même là où il est le moins abondant. Parallèlement, soutenues par les niveaux de prix et les enjeux politiques, les compagnies internationales investissent massivement pour l’innovation.

Ce double choc est finalement assez vite amorti par le fonctionnement du marché et les mesures d’adaptation prises dans les pays consommateurs. Les pays consommateurs baissent leur dépendance énergétique. Et les compagnies internationales gardent leur maîtrise en contrôlant, d’une façon ou d’une autre, les technologie d’exploration et de mise en valeur des gisement, mais aussi les capacités de raffinage et de distribution, le transport et trading.

4 réponses à Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979

  1. DELVAL Lauriane dit :

    Est-ce un fait uniquement économique ou également sociologique?

  2. Ce sont des faits économiques qui ont eu des répercussion sociales (inflation, chômage), et comme toutes “crises” elles font partie de la sociologie (personnellement je ne suis pas sociologue, mais je pense que c’est cela). Le phénomène à venir de peak oil lui sera un beau sujet de discussion pour les sociologues.
    Merci pour votre commentaire.

  3. Yann Le Toumelin dit :

    Pour expliquer le premier choc pétrolier de 1973 on oublie régulièrement le pic pétrolier que traverse les Etats Unis en 1971 ! Ensuite vient la dévaluaton du dollard et tout ce qui s’en suit. Il y a à la base une réalité physique, géologique, que les sociologues, politologues et autres économistes experts en tout genre ne prennent jamais en compte dans leurs analyses , par omission volontaire, car c’est une vérité qui dérange, ou par ignorance.

  4. mohax dit :

    Les causes des deux chocs ne sont pas identiques

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