Du partage de services à une nouvelle colonisation

On assiste à une reconfiguration des cultures des pays pauvres par les pays en développement qui souhaitent en exploiter la terre. L’actualité nous a récemment fournie des exemples avec un pays comme le Ghana où l’Inde souhaite cultiver du Jatropha afin de fabriquer des biocarburants.

Un autre exemple significatif est la location de terre pour 50 ans à Madagascar par certaines sociétés là aussi indiennes, pour la culture alimentaire, faute de surfaces cultivables suffisantes dans certaines régions de l’Inde. Les paysans perçoivent un loyer en échange de la location de leurs terres, et dans la mesure où le pays est très pauvre (PNB/hab. 217°/231) il est assez aisé pour les indiens de satisfaire les malgaches.

Le problème de ce type d’échange, que ce soit pour fabriquer des biocarburants ou tout autre culture est désormais posé. C’est le manque de surfaces cultivables, arables ou non, qui poussera un certain nombre de pays à venir s’ installer dans les pays pauvres pour en exploiter le sol.
Et dans le cas où le prix du pétrole repart à la hausse, les biocarburants vont retrouver tout leur intérêt, et le phénomène n’ira qu’en s’accentuant.

Dans le cas du Jatropha, le problème de la concurrence alimentaire ne se pose pas, c’est une plante qui pousse en milieu aride et a besoin de peu d’eau, contrairement au maïs qui en consomme beaucoup.

Mais l’appropriation du fort sur le faible, et d’autant plus s’il a besoin de ressources, posera des problèmes qui se révèleront à court ou moyen-terme, dès lors qu’il n’y aura pas de contre-pouvoir.
Évidemment dans le cas d’une crise du pétrole qui touchera certains pays pauvres qui n’ont aucune variable d’ajustement, la problématique s’accentuera.

On peut donc imaginer nécessaire la mise en place de règles internationales pour éviter les abus qui se produiront inévitablement. Il y a avait le devoir d’ingérence. Il faudra inventer une autre forme de protection des pays pauvres pour que ce qui pourrait être un partage courtois, ne se transforme pas en colonisation féroce, due à l’appropriation unilatérale d’un pays sur un autre.

Et dans ce cas, on peut toujours choisir de prévenir plutôt que guérir.
C’est aussi cela le visage de la transition énergétique, ce ne sont pas seulement les éoliennes de la mer du Nord ou les centrales solaires aux Etats-Unis.

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