La guerre froide et le pic pétrolier.

La différence entre le pic pétrolier et la guerre froide, c’est que pour cette dernière, on redoutait qu’il se passe quelque chose et il ne s’est rien passé, tout au moins en matière d’ affrontement direct entre les deux “grands”. Alors que pour le pic pétrolier, l’immense majorité des gens ne se rend pas compte du danger, alors que l’on est certain – pour les initiés – qu’il se passera quelque chose d’ historique.

Lors de la guerre froide, les gens sentaient confusément qu’une sourde menace planait au-dessus de leurs têtes entre ce qu’on appelait à l’ époque “les deux blocs” : les Etats-Unis et la défunte U.R.S.S..
La paix était bien entendu revenue, au sortir de la deuxième guerre mondiale, mais la perspective d’un embrasement entre les deux pays était une hypothèse qui était tout à fait plausible.

canon dans la neige

Les gens ont donc vécu au rythme des différentes crises et épreuves de force qui ont émaillé la période 1947-1962 : la crise irano-soviétique, le blocus de Berlin qui a engendré le pont aérien, la guerre de Corée, et la crise des missiles de Cuba en 1962 où le monde a frôlé l’ incident grave, mais qui finalement, a mis un point d’orgue à la période en ouvrant la période de « la détente ».

Au centre de cette première période, la question nucléaire régnait en maître, et il semble que celle-ci, de par les capacités de destruction inégalées qu’elle revêtait, a finalement permis une absence d’affrontement direct entre les deux pays. C’était ce qu’on appelait « l’équilibre de la terreur » par la dissuasion. Au fil de la concurrence militaire entre les deux belligérants, l’URSS s’est avérée être un colosse aux pieds d’argile, mais on ne le savait pas encore.
En tout cas, sur le plan des armes de destruction massive, tout avait déjà été inventé.

champs pétrolifère

Le pic pétrolier entrainera lui aussi, à la fois des conséquences au plan mondial, et des disparités d’ impact suivant les régions : le choc sera hétérogène. Un pays comme la Norvège, classé 5° pour le PNB par habitant en 2006, disposant à la fois de ressources en pétrole, mais également en biomasse et en hydroélectricité, ne sera pas logé à la même enseigne que certains pays en développement qui, subventionnant l’essence, se verront répercuter au prix fort l’augmentation du prix du baril. De plus, un grand nombre n’ aura pas les ressources financières suffisantes pour s’adapter.

Les crises s’appelleront : guerre du pétrole, ruptures d’approvisionnement, paupérisation de la population, déliquescence des services publics, etc…Ce sera la transformation du modèle énergétique dans un contexte de pic non anticipé.

Avec le mix énergétique qui se met déjà en place, c’ est toute l’ immense complexité du sujet qui est à l’ oeuvre : l’éolien en tant que technologie mature, le solaire photovoltaïque qui reste encore cher, le domaine très porteur d’espoir qui est le captage et le stockage du CO2, ou l’ hypothétique « civilisation de l’hydrogène » qui doit encore passer par des ruptures technologiques pour réussir.
Pendant ce temps, “l’énergie la moins chère étant celle que l’on ne consomme pas”, c’est l’efficacité énergétique et les économies d’énergie qui représentent le premier levier d’ adaptation.

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