La réalité d’une crise du pétrole à venir.

La récente déclaration d’Ali Naimi sur la catastrophe annoncée concernant la crise pétrolière, qu’il s’agisse de l’approche du pic pétrolier (plafond historique de production) - au sens de la fin du pétrole bon marché – ou de problèmes de production, remet en question  le problème de la faible volonté politique d’assurer la transition énergétique, et de la crise de production non anticipée qui en résultera.

pétrolier en feu

Certes, il y a d’un côté, tout un tas de formidables initiatives et de l’autre un certain nombre de mesures qui se mettent en place. Que ce soit la création de l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA) , les avancées réglementaires décidées au niveau français ou au niveau européen,  l’avertissement de responsables industriels devant les problèmes qui sont devant nous, ou la volonté politique exprimée par Barack Obama de donner un soutien massif en faveur d’ un modèle énergétique alternatif.

C’est ce type de mesures dont nous avons besoin à l’échelle du monde, et non pas d’une simple évolution de la réglementation si elle n’est pas assortie d’un soutien financier absolument exceptionnel, à la mesure de ce que souhaite Lester Brown quand il parle de  mobilisation analogue à celle que fut l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Les faits sont là, les différentes déclarations qui émanent depuis quelques mois, que ce soit de Fatih Birol, le chef économiste de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), d’un président d’une importante compagnie pétrolière, de Nabuo Tanaka, le directeur exécutif de l’ AIE, constituent un faisceau d’ éléments à charge qui nous conduisent à la crise pétrolière à venir. Ce serait donc une seconde crise autrement plus durable et profonde que la précédente.
Celle que nous connaissons actuellement n’est qu’une sorte de mise en jambes faite au cours d’ une promenade de santé.

Aujourd’hui, en matière quantitative ou d’ordre de grandeur, les énergies renouvelables ne sont absolument pas en mesure de palier le déficit de la production pétrolière dans le court terme.

Il faut donc bien parler d’énergies alternatives composées du nucléaire, et du captage et stockage du CO2, si les expérimentations dans ce domaine et dont on a le plus grand besoin aboutissent.

Les nouvelles sources d’énergies renouvelables ne composaient que 2,4 % de la consommation totale d’énergie en 2006. En fait ce sont la biomasse traditionnelle et les grandes installations hydroélectriques qui composent l’essentiel du bouquet énergétique renouvelable avec 15, 6 %.

Ali Naimi  l’a d’ailleurs bien précisé :
« Le monde court à la catastrophe en mettant trop d’espoir sur des énergies renouvelables à l’apport réel insuffisamment évalué ».
Et surtout si l’on pense à l’époque pas si lointaine où l’euphorie et l’inconscience de l’OPEP, comme de l’AIE était d’ usage.

Avec tous ces éléments mis bout à bout, il paraît plus que probable que la crise que nous connaissons actuellement se transforme en dépression.

Or, ce qui est aujourd’hui totalement absent du débat public, focalisé sur les mesures à employer  pour sortir de la crise actuelle, c’est qu’il va bien falloir assurer la transition énergétique, mais dans un contexte de dépression.

C’est le prix à payer d’un pic pétrolier non anticipé, au sens de la fin du pétrole facile d’extraction et bon marché.

Avec toutes les conséquences qu’une pareille situation, à la fois historique et unique dans l’Histoire, puisse engendrer.
Devant l’impréparation et l’urgence, ce seront les centrales électriques fonctionnant au charbon, et polluant deux fois plus que le pétrole, qui apparaîtront en force.
On peut s’attendre aussi à ce qu’un refuge plus ou moins illusoire du protectionnisme revienne en maître.
Et  si les investissements sont difficiles à mettre en place aujourd’hui, mais quand sera-t-il demain pour construire les pars éoliens, les centrales solaires, et tous les multiples éléments d’une nouvelle architecture énergétique ?

Il faut bien prendre conscience que la réalité d’aujourd’hui est une mise en place tranquille d’énergies alternatives au modèle actuel, plus ou moins funs, sans se douter pour le plus grand nombre, du péril pétrolier qui nous guette, et que toutes ces innovations (éolien, solaire, etc…) se font aujourd’hui dans le contexte douillet de sociétés pacifiées et qui ont tiré bénéfice de la formidable avancée qu’à constitué le XX° S.

Le premier levier à actionner dans un contexte de crise pétrolière non anticipée sera donc une brutale et drastique efficacité énergétique. En clair il faudra faire de très importantes économies d’énergie, puisque c’est le premier moyen de transformation du modèle énergétique mondial.
Le tout dans une situation de dépression, avec toutes les conséquences que cela entrainerait pour les acquis sociaux, subventions, ou autres soutiens de l’Etat.

L’affaire de la transition énergétique n’est donc pas une affaire à la marge, mais doit bien nécessiter des moyens massifs et une volonté politique mondiale à la hauteur de l’ Histoire.

Rappelons que les dépenses d’ armement dans le monde s’ élevent à 1 000 milliards de dollars par an.

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