L’investiture de Barack Obama est un jour doublement historique.

On ne va pas rajouter à l’unisson que la couleur de Barack Obama fait de lui un président historique.
Noir pour les américains, métis pour les français.Toute la presse s’en est fait, à juste titre, l’écho depuis des mois. C’est un signal fort de l’évolution d’une société au reste du monde. C’est aussi une formidable utilisation du web, car sans les nouvelles technologies, il n’aurait pas pu gagner. Cela fait déjà deux nouveautés.

Mais la troisième qui fait que ce jour est doublement historique est d’avoir, tout à la fois une volonté politique, et un effort sans précédent dans le pays (1) envers la transition énergétique. La priorité étant la création d’emplois à travers la reconstruction du modèle énergétique américain, et en faveur des énergies vertes. Ce sont 150 milliards de dollars consacrés à l’édification de ce qui sera demain le nouveau bouquet énergétique, à la place d’une énergie par trop carbonée.

C’est donc le premier Président américain à prendre un tel engagement pour préparer l’avenir.
Sa couleur de peau en fait un symbole. Une telle promesse nous envoie un signal.
Il sait et il le dit, les effets de la crise sont trop profonds pour que le temps soit sous contrôle.
Raison de plus pour cesser les comptes d’apothicaires et autres atermoiements.
Il semble que la seule façon d’ agir est de foncer résolument vers une telle alternative.
Pour ce faire, une équipe hyper-compétente avec un prix Nobel de physique est aux commandes du secrétariat à l’ Energie. Et cela, c’est aussi une nouveauté, pour une grande diversité d’options et de nouveautés: biocarburants à base de jatropha et d’algues, mesures d’ incitation en faveur des véhicules hybrides et électriques, augmentation de la production solaire et éolienne.
Lester Brown invoque la nécessité d’une mobilisation exceptionnelle au niveau mondial, similaire à ce que fut l’entrée en guerre des Etats-Unis lors de la deuxième guerre mondiale. C’est déjà le bon ordre de grandeur, et de toutes façons il est inéluctable, pour ceux qui pourront.

Les investissements d’aujourd’hui feront la réussite de demain, et comme un de ses conseillers, Al Gore le souligne, les efforts en faveur de la transition énergétique et d’une moindre émission de CO2, sont les mêmes que ceux qui consisteront à sortir de la crise. Sortir de la crise, rien n’est moins sûr, préparer l’avenir ne serait déjà pas si mal.
La prise en compte du tsunami que représentera l’explosion du prix du baril donne toute sa précarité à une telle projection.

Car si l’AIE a enfin reconnu la réalité d’un pic de production en 2020, l’ASPO qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur ce sujet le voyait déjà avant cette date. On peut donc préférer l’original de la vision à la copie de l’estimation.
D’autant que le déclin qui suivra est estimé à 6, 7 %, alors que l’AIE l’estimait à 3,7 % un an plus tôt.
Tout ceci pour dire que la situation peut vite changer, et pas dans le bon sens.
La seule solution pour éviter un effondrement de la production est de réduire drastiquement la demande. Une telle réduction ne se fera qu’ au prix de l’explosion du prix, et ce sera la loi de l’offre et de la demande qui aura le dernier mot.

Mais on ne va pas bouder son plaisir et aujourd’hui, c’est jour de fête aux Etats-Unis avec l’investiture du nouveau président et l’attente d’ au moins 2 millions de personnes à Washington pour célébrer l’ évènement.
On dirait bien que l’Amérique, en ce qu’elle a d’innovant et de créatif, est de retour.

(1) Jimmy Carter avait néanmoins prévu un programme d’économies d’énergie après le premier choc pétrolier. Il avait créé le ministère de l’Energie.

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