Ce métal mou et rare, connaitra t-il le même destin que pétrole et gaz réunis, et sans parler de l’uranium ?
Tout le monde connait ces batteries de troisième génération, plus légères, petites, pouvant stocker beaucoup d’énergie, et qui demandent peu d’entretien.
Si le lithium a été longtemps cantonné à la fabrication des médicaments antidépresseurs, leur utilisation s’est élargie aux piles et autres appareils électroniques, ce qui a confirmé l’intérêt des industriels pour ce métal.
L’envolée de son prix est d’ailleurs à la hauteur de son succès, car il est passé de 350 dollars la tonne il y a 5 ans, à 3 000 aujourd’hui.
Les batteries nickel-cadmium des années 80 ont permis de gagner en poids, mais elles ne peuvent que faire démarrer une voiture, celles au lithium peuvent la propulser et lui assurer une réelle autonomie, certes réduite par rapport aux voitures auxquelles nous sommes habitués.
Alors quid des réserves face à la demande qui ira croissante de voitures électriques ?
Les estimations sont assez contradictoires et varient de 1 à 5 : de 234 000 tonnes qui seront les réserves restantes en 2015 selon le cabinet français Meridian International, à 11 millions de tonnes selon le Service Géologique des Etats-Unis (USGS), dont on sait que les estimations concernant le pétrole ont été pendant longtemps exagérément optimistes.
L’essentiel des réserves est concentré en Amérique du Sud, notamment au Chili et en Argentine, mais l’Eldorado du lithium est situé en Bolivie avec 5,4 millions de t, principalement concentrées dans le plus grand désert de sel du monde, le gigantesque lac salé Uyuni, d’une longueur de près de 200 kms, et qui contiendrait à lui seul 40 à 50 % des réserves mondiales.
Le lithium est présent dans des flaques de sel, et l’extraction se fait au sein des nappes phréatiques après évaporation.
Sécurisation de l’approvisionnement en lithium
Afin de sécuriser leur approvisionnement dans ce métal, des entreprises comme Mitsubishi, Sumitomo ou même le français Bolloré sont allés en Bolivie pour tenter de négocier un accès privilégié aux mines de sel.
Bien évidemment, on peut estimer sans mal que s’il n’y avait pas d’ombres sur les capacités d’approvisionnement, ces entreprises auraient sans doute fait l’économie d’un voyage.
Il y a également la société Better Place qui met en place une réelle logistique autour de la voiture électrique, avec un service de location et d’achat, ainsi qu’ un réseau de stations de recharge et de remplacement de batteries.
La voiture électrique ne constituerait donc qu’un segment du marché, et ne pourrait en aucun cas remplacer le parc existant. La réelle transformation du parc viendra davantage des véhicules hybrides, en attendant l’arrivée éventuelle de la voiture à hydrogène.
En outre, la Bolivie tient à assumer toute sa souveraineté face à une ressource qu’il sait importante, à une époque où il est de bon ton pour les états ne plus se laisser détrousser de leur patrimoine. Les compagnies pétrolières indépendantes étant par exemple très minoritaires -environ 15 %- sur l’échiquier de la production pétrolière.
Le lithium est donc encore et toujours une ressource fossile, qui certes n’émet pas de CO2 lors de son utilisation mais qui viendrait quand même, de par le problème des réserves qu’ il suscite, grossir le rang des carbo-dépendances : pétrole, gaz, uranium.
Alors, à quand le pic de lithium ?
