IRIN : la spoliation foncière des pays pauvres pour les biocarburants

L’organisme IRIN (Integrated Regional Information Networks) , rattaché au bureau des Nations-Unies s’est également fait l’écho du rapport de l’IFRI (International Food Policy Research Institute) sur « la spoliation foncière néocoloniale » des pays en voie de développement par les pays riches, pour produire du biocarburant ou des denrées alimentaires.

IRIN rappelle que la zone en jeu équivaut à la surface cultivée de l’Allemagne, de 15 à 20 millions d’hectares et que des dizaines de milliards de dollars sont en jeu.

Car d’autres ONG que l’IFPRI se sont penchées sur le sujet, et l’organisation non-gouvernementale allemande Welt Hunger Hilfe met en garde contre les risques de corruption à haut niveau, dans la mesure où les populations locales perçoivent rarement une véritable part de profit.

Le président de la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (IFAP), Ajay Vashee, qui représenterait 600 millions d’agriculteurs, en général des petits fermiers, déclare ne pas être opposé à ce type d’accord qui peut aussi générer de la richesse, mais précise néanmoins qu’une majorité de petits fermiers risquent de perdre leurs droits coutumiers des sols, ou d’être purement et simplement expulsés de leurs terres.

Pour Mohammed Mbawa, responsable d’une ONG au Kenya, la Shungwaya Welfare Association, indique que des accords passés avec le Qatar, provoquerait le déplacement de milliers d’habitants issus du delta du Tana, la plus grande zone humide du pays.

Autre pays d’Afrique, parmi les plus pauvres au monde, le Soudan a conclu 75 accords pour une somme totale de 3,5 milliards de dollars sur huit ans avec l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, l’ Égypte, la Jordanie, la Chine et l’Inde.
Selon Abdeldafi Ali, commissaire fédéral à l’agriculture, les autorités s’assurent que les intérêts des populations locales soient respectées.

Soit, mais comme la plupart de ces pays ne brillent par la liberté de leurs régimes politiques, ou de leur grande générosité en matière de conditions de travail, on peut légitimement s’inquiéter de la contrepartie offerte aux populations locales dans le cadre de ces accords.

Source:

IRIN

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