Démarrage de la plus puissante centrale électrique biomasse de France

D’une puissance de 150 MW, la centrale située à Gardanne (Bouches du Rhône) devient la plus grande unité de production électrique à partir de la biomasse. La production de base serait de plus de 7 500 heures/an jusqu’en 2034. Cela correspond à la consommation électrique de 440 000 ménages (hors chauffage). Et doit permettre l’économie de 600 000 tonnes de CO2 par an. L’opération correspond pour l’emploi local non délocalisable à 200 personnes pendant 18 mois, et à 350 en période de pointe.

Graphique du fonctionnement d'une centrale biomasse

Il s’agit en fait de la conversion de la tranche 4 d’une centrale fonctionnant initialement au charbon. Après deux ans de retards administratifs et autres, le démarrage du projet a été annoncé jeudi par E.On le groupe énergétique allemand.

L’intérêt est d’abord là, dans la conversion d’une unité qui jusqu’à présent consommait du charbon. Même s’il s’agira d’organiser une filière bois-énergie au plus près de la région.

850 000 tonnes de combustible par an

La centrale sera alimentée par de la biomasse à 87 %. En tout, elle consommera 850 000 tonnes de combustible par an.

Le mélange combustible de référence est constitué principalement de biomasse forestière locale, complétée de biomasse importée, et de charbon cendreux du Gard nécessaires au fonctionnement de l’installation.

La biomasse locale réunit des plaquettes (bois forestiers déchiquetés), des résidus verts (déchets espaces verts, élagages des haies) et des bois de récupération, en quantités limitées, triés et contrôlés. Les bois de récupération sont soit non-traités (classe A : bois d’emballages et de palettes) ou très faiblement traités (classe B : bois d’ameublement et de déconstruction triés et contrôlés, répondant aux référentiels établis par l’ADEME pour être admis dans des installations de combustion). Les bois fortement traités comme par exemple des traverses de chemin de fer ou des poteaux électriques / téléphoniques, sont totalement exclus.

La biomasse locale est complétée, en attendant la montée en puissance des filières régionales, par de la biomasse importée via Fos-sur-Mer, approvisionnée par le groupe E.ON sur le marché international du bois dans le respect des éco-socio-labels internationaux FSC et PEFC.

Naissance d’une filière bois-énergie locale

Le plan d’approvisionnement proposé par E.ON a été élaboré en étroite collaboration avec les acteurs locaux des filières de récupération et forêt-bois. Il vise à assurer à la centrale un approvisionnement durable, à la fois plus respectueux de l’environnement et économiquement compétitif, et à mobiliser des ressources disponibles non valorisées aujourd’hui.

L’approvisionnement sera en priorité constitué de biomasse forestière régionale, voire de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, dans la limite des ressources disponibles et une fois les usages existants satisfaits. Ce projet ne concurrence pas les usages actuels de la forêt, au contraire. Il offre un débouché supplémentaire pour la ressource forestière régionale, abondante mais souvent inexploitée faute de perspective durable de valorisation.

Un petit bémol au projet réside dans le financement qui reste à boucler. Il faudra trouver la coquette somme de 230 millions d’euros.

Le potentiel de la biomasse en France

A l’horizon 2020, la France vise 23 % de sa consommation finale d’énergie à partir de sources renouvelables. La biomasse représente près de 50 % de cet objectif, soit + 520 MW en 2012 et + 2 300 MW en 2020. La filière bois-énergie est une composante essentielle de la stratégie française.

La biomasse est la première source d’énergie renouvelable (1) de notre pays, malgré le relatif silence médiatique qui lui préfère les charmes de l’éolien ou du solaire. Le bois énergie représente à lui seul 46 % des énergies renouvelables produites en France en 2008. Si on y ajoute les biocarburants (11 %), les déchets urbains renouvelables (6 %), le biogaz et les résidus de récoltes, la biomasse (chaleur, électricité, carburants) est à l’origine de plus de 63 % de l’énergie produite à partir de sources renouvelables dans notre pays.

Mais le potentiel est encore considérable et partiellement inexploité. La forêt couvre environ 28 % de la surface du territoire métropolitain et sa superficie est de 17 millions d’hectares, soit environ la moitié de la superficie agricole. Elle a connu une croissance continue de sa superficie depuis 150 ans. celle-ci s’est stabilisée en 2008. la récolte annuelle de bois est inférieure à la production biologique de la forêt en France métropolitaine. on ne récolte au plus que 60 % de ce qui pousse chaque année, soit 59 millions de m3/an.

potentiel de la biomasse en 2020 (Tableau)

La simple amélioration des appareils de chauffage au bois domestique permettrait d’équiper 9 millions de logements en 2020 contre près de 6 millions en 2006 (environ 7 millions à fin 2011) avec une consommation de combustible égale. en effet, près de 4 millions d’appareils anciens seront remplacés par des appareils modernes peu consommateurs de bois, entre 2006 et 2020.

(1) Selon le Syndicat des Energies Renouvelables

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Une réponse à Démarrage de la plus puissante centrale électrique biomasse de France

  1. Quentin dit :

    La chaleur sera-t-elle valorisée ?

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