BRESIL : Le ministre de la Défense a déclaré vendredi dernier, que le gouvernement financera la construction d’un sous-marin nucléaire, destiné à protéger les réserves de pétrole récemment découvertes.
Le projet sera financé à hauteur de 160 millions de dollars d’ici la fin de l’année prochaine.
Le bâtiment, dont on espère qu’il sera achevé vers 2020, sera le premier sous-marin à propulsion nucléaire en Amérique Latine. Le Brésil ne possédant pas d’armes nucléaires, ce projet de sous-marin sera le point culminant du nouveau plan de défense du Brésil, qui sera rendu public le 7 septembre prochain.
Les récentes découvertes d’avril 2008 ont confirmé l’important potentiel des gisements off-shore du Brésil.
Aujourd’hui, les chiffres évoqués concernent notamment le gisement de Tupi, découvert en novembre 2007, et qui recélerait de 5 à 8 milliards de barils.
Cette seule évaluation permet déjà au Brésil d’augmenter de 50 % ses réserves estimées aujourd’hui à 13 milliards de barils.
Mais l’ ensemble des gisements actuellement prospectés pourraient contenir un potentiel encore plus important, de l’ordre de 30 milliards de barils, et l’information vient d’ être confirmée officiellement.
Ces éléments, ajoutés à la production d’éthanol, font du Brésil le géant énergétique de l’Amérique Latine, avec tout le poids politique qui accompagne ce fait.
Le gouvernement envisage même de rejoindre l’ OPEP.
Mais il faut tenir compte des délais entre la découverte et l’exploitation, qui peuvent être de 10 à 15 ans.
Notamment sur des champs situés en eau profonde, et sous une épaisse couche de sel à traverser, comme c’est le cas au large des côtes brésiliennes.
Dans le cas de l’ évaluation désormais confirmée de l’ensemble des gisements étudiés à ce jour, cela correspond donc à un peu plus d’ une année de production (30 milliards de barils estimés).
C’est la plus importante découverte au monde depuis 30 ans.
Par ailleurs, en extrapolant un peu, une mise en production vers 2020, nous rapproche d’une autre hypothèse : celle du déclin mondial.
Ce type de découvertes réalisées aujourd’hui, pourra peut-être seulement diminuer le déclin des ressources, et pas forcément repousser sur le long-terme le pic de production dans lequel il semble bien que nous soyons entrés.
Donc, si l’on devait traduire le métalanguage des données techniques en termes simples, on peut résumer en disant que dans 10 à 15 ans, nous aurons une capacité supplémentaire de production correspondant environ à une année, et qu’il s’agit de la plus grande découverte de ces trente dernières années.
C’est toujours bon à prendre, mais si on remet en perspective l’exacte réalité des faits évoqués, cela ne change pas la face du monde, et permet une saine réflexion quant aux chiffres cités.
Ce que l’on peut également en déduire, c’est que au prix où sera le baril dans 15 ans, le Brésil vient d’hériter d’une très jolie fortune, ce qui peut même d’ici là aiguiser les appetits de certains.
On a déjà vu des conflits se créer pour beaucoup moins que cela.
Par conséquent, un sous-marin, fut-ce t-il nucléaire, paraît finalement bien peu de choses.
Mais si on pousse plus loin le raisonnement : que sera le prix du baril dans 10 ou 20 ans ?
A 300, 400, 500 dollars, plus ? (d’ailleurs, le dollar sera-t-il encore la monnaie de référence du brut…).
Donc, si on multiplie 33 milliards de barils par, ne serait-ce que 500 dollars, cela commence par faire une somme conséquente.
Mais à ce prix là, dans 10 à 20 ans, qui aura les moyens de payer un prix pareil, dans quel état sera l’économie ?
Et pourquoi faire ? Si on arrive à mettre en place des solutions alternatives en quantité suffisante.
Dans ce cas, le pétrole risque fort de rester au fond de la mer, et le sous-marin de ne pas servir à grand-chose.

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