L’ Organisation des Nations-Unies pour le Développement Industriel (UNIDO) et l’ Association Brésilienne de Normalisation Technique (ABNT) s’étaient réunies fin août à São Paulo, afin d’élaborer de nouvelles normes sur l’énergie.
Le but de cette dernière réunion était de définir des process dans la gestion de l’énergie à l’aide de nouvelles normes, de bénéficier des avis des experts et des spécialistes quant à leur vision du projet concernant une nouvelle réglementation, de son impact sur les réalisations en cours dans l’industrie, et sur la politique de l’efficacité énergétique en Amérique Latine.
En Février 2008, l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO) avait approuvé la création d’un nouveau comité appelé PC 242 « la gestion de l’énergie », chargé d’élaborer une nouvelle réglementation dans la gestion des systèmes énergétiques : ISO 50 001.
Un changement de normes pour un nouveau modèle énergétique.
De nouvelles normes sur l’énergie constitueront en effet un moyen efficace de réduire les coûts d’exploitation, et d’améliorer la rentabilité au moyen de l’efficacité énergétique. Elles offrent à la fois une expertise et de meilleures pratiques pour les entreprises, dans le but de développer l’efficacité, et d’établir des procédures afin d’atteindre ces objectifs. Il s’agit de définir des priorités quant aux moyens permettant d’être plus efficace, de cibler les investissements les plus adaptés, de suivre et de répertorier les résultats, et enfin d’assurer le suivi dans l’amélioration de la performance énergétique.
La séance était principalement destinée aux représentants des entreprises et de l’industrie, aux décideurs politiques des instances gouvernementales liées aux questions de l’énergie, aux organismes de réglementation, aux experts locaux en matière de gestion industrielle de l’énergie et de l’efficacité énergétique.
Une nouvelle réglementation impose de nouvelles habitudes.
En assistant à cette réunion, les décideurs politiques, les instances régionales ainsi que les industriels ont pu parfaire leurs connaissances sur la réglementation énergétique, avec l’expérience sur cette question de leurs partenaires locaux et étrangers, et ainsi mieux comprendre comment cette norme ISO 50 001 aura une influence sur leurs pratiques, et sur les politiques en vigueur.
La réunion avait pour objet de fournir aux entreprises l’occasion de participer à l’élaboration d’une nouvelle norme, tout en leur permettant d’exprimer leurs préoccupations, et en faisant des recommandations.
Elle permettra donc la possibilité aux décideurs politiques et aux autres institutions concernées de débattre des meilleures options susceptibles de permettre le soutien de l’activité industrielle, tout en adoptant et en appliquant la nouvelle norme.
La réunion était organisée conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (UNIDO), l’Association Brésilienne de Normalisation Technique (ABNT) et l’Association pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique (REEEP).
Cette modification de la réglementation pose la question des indicateurs économiques (PIB entre autres) qui auraient besoin, soit de changer, soit d’être assortis d’autres instruments de mesure traduisant l’évolution du modèle énergétique et des impératifs environnementaux.
Des éco-indicateurs en lieu et place du PIB.
Le site de l’Institut Politique de la Terre montre comment Lester Brown a créé 12 « éco-indicateurs » qui prennent en compte la nouvelle donne des paramètres énergétiques et environnementaux.
Ces 12 indices permettent de mesurer les progrès accomplis dans la construction d’une éco-économie.
Les « éco-indicateurs » qui sont spécifiquement liés à l’énergie sont au nombre de trois :
- La capacité énergétique mondiale du secteur éolien.
- La capacité de l’énergie photovoltaïque
- La production de vélos.
La capacité énergétique mondiale du secteur éolien.
Les chiffres figurant sur le site s’arrêtent à mars 2008, mais prennent en compte la très forte augmentation des capacités d’éoliennes installées depuis la période 1995-2000.
La capacité de 100 GW est désormais dépassée et ce chiffre correspond à l’alimentation en électricité de 150 millions de personnes.
La capacité énergétique de l’énergie solaire photovoltaïque.
La progression est encore plus spectaculaire dans la mesure où la production de l’énergie photovoltaïque a bondi à 3 800 MW (crête) en 2007, et où on observe une augmentation de 40 % par an des capacités installées dans le monde. Les analystes financiers voient le marché passer à 5 000 MWc en 2008, et jusqu’à 20 000 en 2012. Ces chiffres pourront néanmoins se heurter à la capacité d’absorption du marché, dans la mesure où aujourd’hui, les consommateurs sont regroupés au sein d’un petit nombre de pays.
La production de vélos.
Cet indicateur permet de mesurer l’augmentation de la production de vélos, où on enregistre une forte hausse depuis 2001. Ce moyen de transport alternatif, économique, et permettant une décongestion de la circulation urbaine avait connu un ralentissement de sa production entre 1989 et 2001. Mais globalement depuis 1970, la production de bicyclettes a presque quadruplé, alors que la production automobile a doublé.
Dans sa dernière publication intitulée “Le temps du plan B”, Lester Brown évoque la problématique des énergies carbonées, de l’émission de CO2 et du réchauffement climatique en ces termes : « au lieu de se demander quel est le niveau politiquement acceptable de réduction des émissions, il est préférable de se poser la question en d’autres termes : quel est le niveau nécessaire de réduction qui permettra d’éviter des effets encore plus dangereux du réchauffement climatique ».
Une autre question étant de savoir jusqu’à quel point le maintien des seuls indicateurs actuels et du sentiment de quasi-religiosité qu’il inspirent, est compatible avec la naissance d’un autre modèle énergétique ?
À propos de ABNT
L’ABNT est un organisme sans but lucratif, créé en 1940, il est responsable de l’élaboration et de la diffusion des normes techniques du pays. Ses principales fonctions sont de promouvoir et de gérer le développement de nouvelles normes au Brésil, de vérifier et de certifier la conformité des produits, des procédés, ainsi que des services et des systèmes en matière de normes et des publications ad hoc. L’ABNT représente le Brésil dans les organismes internationaux de normalisation, telles que l’ Organisation Internationale pour la Réglementation (ISO), la Commission Electrotechnique Internationale (CEI), ainsi que dans plusieurs institutions régionales de réglementation.
http://www.abnt.org.br
À propos de REEEP
L’Association pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique est un partenariat public-privé. REEP soutient activement des initiatives politiques favorisant les marchés d’énergie propre et facilite les financements de projets d’énergie durable. En offrant des possibilités de collaboration entre différents partenaires, REEP a pour objectif d’accélérer le développement de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique. Les objectifs de REEP sont de : réduire les émissions de gaz à effet de serre, permettre une amélioration des conditions de vie pour les pays en développement, en favorisant l’accès fiable à des services énergétiques propres, en rendant les coûts des technologies d’énergies renouvelables plus accessibles, en accordant des avantages économiques aux pays qui utilisent l’énergie de façon plus efficace, et en augmentent notamment la part des énergies renouvelables dans leur bouquet énergétique.
Le partenariat est financé par un certain nombre de pays, y compris par les gouvernements en Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Irlande, Italie, Espagne, Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, ainsi que la Commission Européenne.
http://www.reeep.org/
Sources:
UNIDO
Earth Policy Institute
