Toronto 14/1 : Le premier ministre canadien M. Stephen Harper a déclaré mardi que l’exploitation massive des champs pétrolifères de l’Alberta et de ses incidences sur l’environnement feront l’objet de discussions prioritaires lors de la première visite à l’étranger du nouveau président des Etats-Unis.
« Nous voulons collaborer avec les Etats-Unis sur l’environnement et les problèmes énergétiques. Et pour être franc sur les sables bitumineux, nous devons diminuer les conséquences pour l’ environnement . Mais dans le même temps, nous pensons que le développement de ces gisements est important pour la sécurité énergétique nord-américaine » a jouté M. Harper.
Barack Obama a un jugement critique sur la dépendance de l’ Amérique à l’égard du pétrole du Moyen-Orient, et il compte bien remettre à plat la question de l’indépendance énergétique du pays.
M. Harper a mentionné le fait que les projets d’extraction des sables bitumineux du Canada aideront le président dans ce sens. Les dernières évaluations des champs situés au Nord de la province de l’ Alberta estiment le potentiel de réserves extractibles à plusieurs milliards de barils de pétrole.
Les gisements de l’Alberta font du Canada un des pays qui peuvent le mieux répondre au besoin en pétrole dans un contexte de déclin des ressources de pétrole conventionnel.
Cependant, les différents conseillers de Barack Obama en charge des questions environnementales ont évoqué l’année dernière que les émissions de gaz à effet de serre résultant de l’exploitation des sables bitumineux sont trop élevés et donc inadmissibles. Ces rejets vont donc à l’encontre des ambitions de Barack Obama consistant à diminuer l’impact environnemental du modèle énergétique américain, envers les combustibles carbonés. Et notamment se pose le problème des énormes quantités d’eau et d’énergie nécessaires à l’extraction des sables de l’ Alberta.
Le Canada indique que Washington pourrait néanmoins prendre des risques en matière de sécurité énergétique s’il n’utilise pas le pétrole canadien. Le Canada est le premier fournisseur étranger de pétrole à destination des Etats-Unis.
On estime aujourd’ hui que la production journalière de 1,2 millions de barils pourrait quasiment tripler pour atteindre le chiffre de 3,3 millions en 2020.
Cinq fois les réserves de l’ Arabie Saoudite.
Les premiers explorateurs qui ont découvert, il y a 100 ans, du sable recouvert de bitume le long de la rivière Athabaska étaient loin de se douter de la quantité de pétrole qu’il contenait: 1700 milliards de barils, soit cinq fois les réserves de l’Arabie Saoudite. Immenses, les gisements s’étendent sur 140 000 kilomètres carrés, soit une superficie plus grande que celle de la Floride.
Mais le fait d’ extraire le pétrole des sables bitumineux nécessite beaucoup d’eau et d’énergie pour séparer les sables du pétrole.
La structure moléculaire du pétrole ainsi obtenu, l’une des plus complexes que l’on retrouve dans la nature, compte des centaines d’atomes de carbone. Il faut chauffer le bitume à plus de 500 degrés Celsius pour briser la molécule et en faire du pétrole synthétique.
Différents procédés permettent de réaliser cette séparation. Tous nécessitent beaucoup d’eau, entre deux et cinq barils d’eau douce pour produire un seul baril de pétrole. Or, on produit aujourd’hui plus d’ un million de barils par jour.
Pour produire un seul baril de pétrole à partir d’une mine de sables bitumineux, on doit extraire du sol une quantité gigantesque de terre et de sable: quatre tonnes en moyenne, de quoi remplir un petit camion commercial.
La région de la rivière Athabaska compte déjà les plus grandes mines de la planète. À elle seule, celle de la compagnie Syncrude fait 35 kilomètres carrés. Depuis le début de son exploitation, on a prélevé ici, dans le sol, plus de un milliard et demi de tonnes : un volume supérieur à la grande muraille de Chine, au canal de Suez, aux pyramides égyptiennes et aux dix plus gros barrages au monde réunis.
Après tout cela, seulement 3 % des réserves de pétrole de la région ont été extraits.
Une exploitation hautement préjudiciable
Le principal problème de l’exploitation de ces champs étant les considérables quantités de gaz à effet de serre émises dans l’atmosphère.
En cela, on peut réellement dire qu’une telle exploitation, dans ces conditions d’extraction, n’est pas durable. Et que les difficultés d’exploitation ne permettront de toutes façons qu’une production à la marge dans la consommation mondiale.
La problématique du pic reste entière dans le sens où, cela signifie un sommet dans l’exploitation du pétrole conventionnel, facile à extraire, que nous avons connu jusqu’ici.
Il faut donc bien faire la distinction entre :
- les ressources de l’ Alberta, c’est à dire ce que la nature nous a laissé en héritage.
- Les réserves prouvées, c’est à dire le pétrole extractible dans les gisements en production ou en développement selon les conditions techniques et économiques du moment.
- S’agissant des sables bitumineux, de la quantité d’ extraction possible en fonction du lourd processus de transformation.
- Et enfin, des conséquences environnementales.
Sources :

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