Une crise du pétrole dès 2012 selon Wikileaks

Wikileaks révèle que des documents diplomatiques datant de 2007 avertissaient Washington, qu’en raison de réserves surrévaluées, la production de pétrole pourrait s’avérer insuffisante pour éviter à terme une flambée des cours du baril.

L’information provient de l’édition de mardi du Guardian (1) qui indique que “L’Arabie Saoudite ne peut pas produire suffisamment de pétrole pour maintenir la stabilité des prix”.

Saddad Al-Husseini, ancien chef de l’exploration à l’Aramco (la compagnie nationale Saoudienne Ndr) précise dans des câbles datant de 2007 à 2009 qu’il est possible que dès 2012, la production mondiale atteindrait son point le plus haut : le peak oil.

C’est quand même une bonne partie du travail de transition-energie.com qui relaie les multiples mises en garde dans la Genèse de la crise pétrolière et qui partage depuis longtemps les incohérences des déclarations officielles à propos des réserves.

La nouveauté est de lui donner un relief nouveau avec l’apparition tonitruante de Wikileaks dans un paysage médiatique “transversal”. Mais l’information concernant le sujet douteux des réserves Saoudiennes, est connue depuis longtemps pour qui s’intéresse à la problèmatique du pétrole, et ne se berce pas d’illusions avec les déclarations de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), toutes plus lénifiantes les unes que les autres jusqu’en 2006.

Mais la précision qui est par contre remarquable est d’avoir daté le basculement où l’offre ne pourrait plus satisfaire la demande à l’année 2012.

Sans mettre en doute de manière claire les réserves, Fatih Birol, le chef économiste de l’AIE commençait à exhorter à partir de 2007 (2) les pays consommateurs à sortir de l’or noir.

Ce que l’on pourra retenir également de l’information, c’est ce glissement de la responsabilité du chaos à venir que l’on pourra imputer aux déclarations falsifiées de l’OPEP depuis les années 80.

Sinon on est toujours dans les mêmes eaux où il s’agit de la bagatelle de 300 milliards de barils où à peu près, qui faisaient partie de chiffres “gonflés”, ce qui diminue les réserves réelles de rien de moins que 40 %.

Philippe Aubert

Sources :

(1) John Vidal, “Wikileaks cables : Saudi Arabia cannot pump enough oil to keep a lid on prices”, Guardian, 8/2/2011

(2) Matthieu Auzanneau, “Sans l’or noir irakien, le marché pétrolier fera face à un “mur” d’ici à 2015″, Le Monde, 27/6/2007

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