Cassandre est très tendance.

En ce moment, le fait de jouer les Cassandre est à la mode.
Et qui ne fait pas son Nouriel Rubini par ci, son Paul Jorion par là, voir pour les plus radicaux ou désespérés, carrément son Noam Chomsky.
Fini, la contemplation adorative des vaches sacrées du CAC40, fini l’écoute attentive des émules de la croissance en télévangélistes inspirés, et fini l’auditoire de ceux qui s’inquiétaient -et qui nous morigénaient paternellement-« que l’on ne consomme pas assez».

Tout cela, sans oublier les banquiers qui adoptent une nouvelle posture en forme de profil bas, profitant de l’occasion pour mettre à l’encan le chapeau haut de forme et le cigare. Les traders redécouvrent les charmes des lieux de culte (le pèlerinage à Lourdes est pour bientôt), les vertus des antidépresseurs et autres anxiolytiques. Car rien n’est plus comme avant, aujourd’hui on peut être à + 5, et demain à – 20.

Le terme de crise existentielle prend tout son sens avec les agents immobiliers, en France ou ailleurs, les plus touchés d’entre eux s’étant déjà tournés vers la recherche mystique. Les notions de surface, cuisine équipée, beaux volumes, ou « affaire à saisir », s’ étant vidées de leur sens.
Alors oui, le marivaudage financier et l’insouciance d’hier font place aujourd’hui à des sites comme lesradins.com, ebay, priceminister, c’est le sauve-qui-peut généralisé et l’absence de consommation.
La fréquentation de ces sites illustrent bien, au lieu de la foi en l’économie, la foi en l’économie tout court, les temps sont durs et il paraît que cela ne va pas s’arranger.

Pour autant, dans le marasme ambiant, il ne faut pas perdre de vue les multiples initiatives qui ont cours, un peu partout dans le monde et qui préparent l’avenir.
En Suède, l’utilisation de l’énergie des vagues qui est en projet, au Etats-Unis la construction de la plus grande usine au monde de biocarburants de 2° génération, ceux qui ne font pas concurrence à l’alimentation humaine, en France la réorganisation du travail qui passe notamment par le télétravail et qui nous permettra d’économiser du CO2, ou le secteur de l’énergie éolienne dont le nombre d’emplois devrait doubler d’ici 2020.

Toutes ces nouvelles sont autant de raisons d’espérer, si tant est que nous gardions présent à l’esprit que les maîtres-mot des années à venir seront adaptation ou créativité, secondés par une volonté politique sans faille, qui doit prendre toute la mesure des vrais enjeux de demain.

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