Le train de la récession peut cacher celui de la crise du pétrole

Les puissants du monde entier sont donc réunis au cours d’un sommet du G20 placé sous les auspices du grand chambardement mondial que nous sommes en train de vivre depuis la crise financière.

Un certain nombre de dispositions ont déjà été prises pour juguler les effets de la tempête boursière, et si tout le monde s’accorde sur le fait d’agir dans le bon sens afin de ne pas répéter les erreurs des années 1930, il subsiste des divergences notamment sur la quantité de l’aide à apporter.

Barack Obama souhaiterait que l’Europe en fasse davantage, à l’instar des Etats-Unis qui ont déployé des moyens massifs, tandis que Paul Krugman, prix Nobel d’économie aurait voulu que la même dite Amérique fasse plus en rapport avec la gravité de la crise.
De plans massifs en recommandations tous azimuts, la fin du tunnel n’est peut-être pas pour demain.

Un certain nombre de mots et de formules vont donc revenir à intervalles réguliers, dans la bouche des participants, aussi bien que des commentateurs, comme : régulation, normes comptables, bonus ou bien paradis fiscaux comme trous noirs de la finance sans frontières.

baril de pétrole et mappemonde

Mais las ! “Un train peut en cacher un autre”, est peut-être une autre formule qui conviendrait à la situation car si les actifs toxiques ou les produits dérivés faisaient la crise d’hier, le pétrole fera la crise de demain.
Et il n’est pas sûr qu’on entendra beaucoup le mot “pétrole” au cours des réunions qui vont se succéder.

Les alertes depuis le mois de décembre n’ont pourtant pas manqué, de Fatih Birol, chef économiste de l’Agence Internationale de l’Energie (voir 1° partie de l’édito du 5/1), à Nabuo Tanaka, directeur exécutif de la même administration, en passant par le président de Total, Christophe de Margerie. Il faut par ailleurs noter que ces avertissements  émanent aujourd’hui de membres de l’establishement et non plus seulement de ceux qui étaient perçus hier comme des trublions, à savoir les gens de l’ Association pour l’ étude des pics du pétrole et du gaz (ASPO).

Il n’est pas inutile non plus de rappeler que l’ expression de pic pétrolier citée pour la  première fois par Fatih Birol a été créée de toutes pièces par l’ ASPO dès l’année 2000, date de la création de l’ association.

Si le casino mondial des crédits à risque et le grand tapis vert des produits dérivés constituaient la trame d’une crise à venir, sans que nous le sachions, l’épuisement des 800 plus grands champs pétroliers de la planète plane au-dessus de nos têtes. Et la chute de 6,7 % de la production mondiale de  pétrole, révélée dans le dernier rapport annuel de l’AIE augure d’une flambée du prix du baril, bien avant cette date.

La date de 2020 est à relativiser compte tenu d’autres sources que nous avons depuis quelques mois sur les craintes concernant la production à court ou moyen-terme.

Car, avant la chute à venir de la production, il y a la problématique de l’offre pétrolière qui va poser problème.
Et là, le paradoxe n’est pas mince entre la crise de Charybde et celle de Scilla car plus les perspectives de sortie de crise s’avèrent plausibles, plus le risque d’une insuffisance de l’offre pétrolière est forte,  Nabuo Tanaka la chiffrant pour 2010.
Et 2010 c’est demain.

Nous avons donc tous les éléments probants d’appréciation pour dire que si la crise 2008 se fomentait au-dessus de nos têtes bien des années en avance sans que nous le sachions, la crise pétrolière à venir n’attendra pas 2020.

Et s’ il est peu probable que les modèles mathématiques de tout acabit viendront nous sauver, la mèche de la bombe à retardement elle, est déjà allumée.

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