L’île de Sein cherche son indépendance énergétique

Une société locale ayant pour actionnaire la population est en train de plancher sur un projet permettant d’alimenter en électricité les 330 maisons de l’île. C’est donc un autre modèle énergétique qui doit se mettre en place, afin d’éviter la consommation de 420 000 litres de fioul par an. C’est ce qu’engloutissent les groupes électrogènes au fioul qui produisent 1 450 MWh chaque année.

Ile de sein

Un territoire exposé à tous les vents

Cette sentinelle avancée de 0,58 km2, enclavée dans l’Atlantique, située au large de la Bretagne, à 8 km de la pointe du Raz, est battue par tous les vents quand ce ne sont pas les tempêtes.

Elle ne manque pas néanmoins de ressources naturelles comme toutes les îles : vent à profusion, soleil de temps en temps, et énergie marine dont la qualité et ce n’est pas la moindre pour une énergie renouvelable, est qu’elle n’est pas intermittente, et même prévisible. Même si pour l’instant le KWh fourni par une hydrolienne est beaucoup plus coûteux que pour l’éolien. Dans un rapport de 1 à 3,5 à l’horizon 2015, selon Cyril Cornier, un des auteurs du Scénario de transition énergétique Publié par Greenpeace.

C’est donc un projet qui touchera l’ensemble de la chaîne électrique, qui doit permettre de tirer parti de ce potentiel, et couvrir à terme l’intégralité des besoins de l’île.

Depuis 2007, une opération d’économie d’énergie, mené conjointement par l’Ademe, le Conseil Général de Bretagne, le Conseil Général du Finistère et EDF, a permis de réduire de 15 % la consommation énergétique grâce à la distribution de 750 ampoules basse consommation dans les foyers. Le gain réalisé étant de 30 000 KWh par an, avec aussi l’acquisition de 100 réfrigérateurs et congélateurs de classe A+ (économie également de 30 000 KWh) et l’installation e 326 économiseurs d’eau chez les particuliers (gain de 111 050 m3).

L’avant-garde de la transition

Les îles sont le champ d’expérimentation idéal pour changer de modèle énergétique, non pas sous l’emprise d’une vertueuse conscience éthique, mais simplement pour des raisons économiques, qui vont obliger les territoires à se réinventer.

C’est le meilleur moteur qui soit pour impulser le changement : dépenser moins d’argent quand on sait que ce n’est pas tenable.

Les îles d’Ouessant et de Molène, situées à quelques encablures plus au nord, sont dans la même situation et vont connaître une première phase d’économie d’énergie en juillet 2013, afin d’éviter le gaspillage de 1 650 tonnes/an de fioul.

Ces deux îles, respectivement de 230 et 850 habitants, ne sont pas raccordées au réseau national et produisent leur électricité par des petites centrales au fioul installées par EDF. A Molène, d’une superficie de 75 hectares, la production d’électricité est en effet assurée par trois groupes électrogènes de 150, 225 et 320 kVA. Ces groupes consomment annuellement 394.000 litres de fioul pour fournir les 1.350 MWh consommés, essentiellement pour les usages liés à l’habitat.

En acte, on voit bien qu’elle est le premier effet de levier à actionner. Ce sont encore et toujours les économies d’énergie qui sont le premier gisement de la transition. Le déploiement d’énergies renouvelables en fonction des potentialités de la région vient après.

Dans un tout autre ordre de grandeur, c’est l’île de la Réunion qui fait figure d’exemple avec ses 817 000 habitants, et qui doit faire face à un véritable défi énergétique lui ayant valu d’être classé comme Système Energétique Isolé (SEI).

D’un modèle énergétique autosuffisant à la fin des années 80 avec les énergies renouvelables, principalement dû au parc hydraulique, on est passé aujourd’hui à un besoin en énergies fossiles supérieur à 60 %

Mais ce frein est en fait un formidable challenge en terme de terrain d’expérimentation à une grande échelle, puisqu’il s’agit de rendre autonome en énergie une zone que l’on prévoit être constituée de 1 000 000 de personnes en 2025.

En premier lieu, l’ile devait atteindre en 2011 le seuil maximal de 30 % d’énergies intermittentes (éolien et solaire).

La part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique total doit être de 50 % en 2020 contre 23 % pour la métropole. Elle est déjà de 36 %. C’est encourageant.

Et c’est cela qui est formidablement enthousiasmant : l’expérimentation sur le terrain. On est bien loin du Débat National sur la Transition Energétique.

Philippe Aubert
Eco-blogueur

Crédit : wildkick.com

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