L’énergie de la mer, l’autre potentiel des renouvelables

Le ministère de l’Ecologie vient de publier un rapport très complet sur le potentiel des énergies marines renouvelables, passées trop souvent sous silence. Fruit d’une mission conjointe du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) et du Conseil Général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies (CGEIET) l’étude dresse un inventaire des technologies disponibles.

Energie hydrolienne, éolien offshore flottant, énergie houlomotrice et marémotrice, énergie thermique des mers, climatisation par eau de mer (SWAC) et énergie osmotique forme le panel de l’offre marine. Le texte examine les enjeux industriels, économiques, juridiques et environnementaux associés à l’essor de cette nouvelle filière de production d’énergie.

Carte des courants marins en Europe pour le potentiel hydrolien

L’énergie des vagues et de la houle

Entre toutes les énergies marines, c’est l’énergie des vagues qui présente le plus grand potentiel théorique (ressource mondiale estimée à 2000-8000 TWh/an, 400 TWH en France, à comparer à la consommation électrique française actuelle de 500 TWh).

EDF estime que le potentiel qui serait exploitable en l’état actuel de la technique pour la France est en fait de l’ordre de 40 TWh. Il est principalement situé sur la façade Atlantique en raison de vagues, en moyenne, plus importantes.

Cette énergie est à l’origine d’un foisonnement de technologies (environ 140 répertoriées actuellement) pour produire de l’électricité. Il existe une multitude de projets, la plupart encore au stade d’études ou de maquettes. Aucune technologie ne donne encore lieu à une exploitation commerciale hormis la centrale espagnole de Mutriku (296 kW), opérationnelle depuis 2011.

Certaines sont déjà testées au sein de centres d’essais comme l’EMEC (European Marine Energy Center) ou le Wavehub (Royaume-Uni), situé au large des côtes de Cornouailles. En France, le site d’expérimentation SEM REV, au large du Croisic, piloté par l’Ecole Centrale de Nantes, est re- tenu pour le test des concepts houlomoteurs dans le cadre de l’IEED (Institut d’Excellence sur les Energies Décarbonées) France Energies Marines.

Le potentiel hydrolien

L’énergie hydrolienne peut être assimilée à l’exploitation de puissantes rivières sous-marines ; la densité de l’eau est près de 850 fois supérieure à celle de l’air, et la production varie comme le cube de la vitesse du courant, ce qui explique que la ressource est localisée là où les courants de marée sont les plus forts.

On parle notamment de projets de fermes hydroliennes par analogie à leurs grandes soeurs terrestres. Les hydroliennes utilisent pour produire de l’électricité la vitesse des courants marins issus des marées et des courants océaniques. Cette production est à la fois renouvelable et prédictible. Ce qui en fait un gros atout par rapport au talon d’Achille des renouvelables qui est l’intermittence, éolien comme solaire. La seule gestion possible de cet inconvénient aujourd’hui sont les smartgrid, en attente d’une trouvaille révolutionnaire qui viendrait combler l’éternel problème du stockage.

Une hydrolienne suit le rythme des marées qui s’inversent toutes les six heures en Europe. Les productions associées sont donc intermittentes mais très prévisibles car dépendantes de la rotation de la terre et du cycle de la lune (vives-eaux à la nouvelle lune et à la pleine lune, et mortes-eaux avec le premier quartier et le dernier quartier) et beaucoup moins instables que le vent, ce qui renforce leur utilité pour le réseau électrique. En ce qui concerne les courants océaniques, la vitesse et la direction sont généralement constantes.

L’énergie marémotrice

Les usines marémotrices utilisent les différences de niveaux de la mer dues aux marées pour produire de l’électricité, selon le même principe que les barrages hydro-électriques. L’exemple bien connu en France est le barrage sur la Rance (Ille-et-Vilaine), qui a été construit au cours des années 1961 à 1966, d’une puissance de 240 MW, avec une production annuelle de 500 millions de kWh. Malgré son grand intérêt technique et son caractère parfaitement prévisible pour alimenter le réseau électrique, il n’y a pas eu depuis de nouvelle réalisation en France en raison des problèmes d’acceptation environnementale, et de coût.

D’importants potentiels ont été recensés au Canada (Baie de Fundy, Estuaire du St Laurent, Ile de Vancouver) et en Russie (Mer Blanche) ainsi qu’en Corée du Sud, avec la mise en service de la centrale de Siwha à Ansan au milieu de l’année 2011, centrale la plus puissante du monde avec une capacité de 254 MW. Néanmoins les problèmes environnementaux sont un obstacle dans tous les pays développés et le potentiel effectivement mobilisable en France à court terme est donc actuellement considéré comme très faible.

Potentiel sites marémoteurs dans le monde

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Une réponse à L’énergie de la mer, l’autre potentiel des renouvelables

  1. Quentin dit :

    L’énergie de la mer est considérable, mais son potentiel reste de loin le plus difficile à maîtriser :
    – Difficultés météo.
    – Corrosion
    – Difficulté d’acheminer l’énergie au sol.

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