Helsinki 6 novembre : le gouvernement a approuvé un programme ambitieux visant à permettre au pays d’atteindre les objectifs proposés par la Commission Européenne.
En l’absence de mesures énergiques, les émissions de gaz à effet de serre de la Finlande en 2020 seraient supérieures de 20 % à celles de 1990, et presque entièrement dues aux émissions de l’industrie et de la production d’énergie.
L’Union Européenne vise à réduire les émissions de ces secteurs de 21 % de 2005 à 2020.
Selon la proposition de la Commission, la Finlande devrait, par le biais de mesures impliquant tout le territoire, réduire les émissions de 16% du niveau de 2005, d’ici à 2020. Les gains proviendraient d’autres secteurs, tels que les transports, l’habitat, certains appareils de chauffage, l’agriculture.
Le groupe de travail est présidé par M. Mauri Pekkarinen, ministre des Affaires Economiques.
Un objectif stratégique pour inverser la tendance.
L’objectif stratégique fixé par le gouvernement implique de stopper et d’inverser la tendance dans la croissance de la consommation finale d’énergie. En 2020, elle soit égale à 310 TWh, soit l’ équivalent de ce qu’elle est aujourd’hui.
Selon cette stratégie, en 2020, la consommation d’électricité sera environ de 98 TWh/an, alors qu’aujourd’hui, elle approche déjà les 90 TWh, et qu’elle sera beaucoup plus élevée dans 12 ans, si aucune mesure de réduction n’est prise.
Une utilisation massive des énergies renouvelables.
Un des éléments-clés de l’objectif est d’accroître la part des énergies renouvelables de 38 % d’ici 2020. Cet objectif sera très difficile à atteindre, et sa réalisation ne sera possible que si la croissance de la consommation finale d’énergie peut-être inversée.
Afin d’atteindre ce but, il est prévu d’accroître l’utilisation du bois-énergie, des déchets issus de la biomasse, des pompes à chaleur, du biogaz et de l’énergie éolienne.
Par exemple, l’usage des copeaux de forêts sera majoré de 100 ou 200 % d’ici 2020. La production d’énergie éolienne impliquera la construction d’un minimum de 700 machines développant chacune 3 MW.
Priorité aux usines propres.
En ce qui concerne l’approvisionnement en électricité, le gouvernement est déterminé à assurer un approvisionnement adéquat à des prix modérés. Il sera fondé sur un système polyvalent, utilisant notamment la cogénération qui produit simultanément électricité et chaleur.
La capacité de production devrait être en mesure de répondre aux pics de consommation, mais sans exclure d’éventuelles perturbations.
La priorité sera accordée aux usines qui n’émettent que peu ou pas de gaz à effet de serre, comme les unités de cogénération utilisant les énergies renouvelables pour leur fonctionnement.
Le sujet est d’importance dans un pays où la moyenne des températures hivernales est inférieure à 0° C avec des baisses habituelles à – 30 dans l’archipel et sur le littoral, et – 40 dans la majorité du reste du pays.
Un pays particulièrement exposé aux grands froids et aux écarts de températures.
La situation du pays dans la zone du climat côtier du continent eurasiatique, l’expose à des déplacements importants de masses d’air.
De ce fait, l’amplitude des températures hivernales est environ de 10° C. La température est réchauffée par les golfes de la mer Baltique, les systèmes d’eau de l’intérieur des terres, et surtout par les considérables masses d’air chaud de l’Atlantique que réchauffe le Gulf Stream.
Quand le vent souffle de l’ouest, le temps, qui subit alors l’effet Foehn des Alpes scandinaves, est doux et clair dans la plus grande partie du pays. Outre l’effet adoucissant de la mer, le climat continental asiatique atteint de temps à autre la Finlande, provoquant des périodes de grands froids en hiver.
De par la situation du pays dans la zone des vents d’ouest des latitudes moyennes et à la limite des grandes masses d’air tropicales et polaires, les types de temps changent brusquement, surtout l’hiver. Les grands centres agissant sur les conditions atmosphériques, sont le centre de basse pression voisin de l’ Islande et les anticyclones de Sibérie et des Açores.
L’emplacement et la force de ces centres d’influence peuvent fluctuer, l’un pouvant peser plus longtemps que les autres sur l’évolution des conditions météorologiques.
La problématique de la production d’énergie, du fait des brusques variations de températures, revêt donc une importance particulièrement cruciale, voire vitale, à comparer aux pays européens du Sud.
Le cas de l’ énergie nucléaire.
Pour l’énergie nucléaire, la stratégie du gouvernement est la suivante : « Selon nos calculs, en terme de production suffisante d’énergie électrique, la construction supplémentaire de centrales sera rendue nécessaire dans les années à venir. Il s’agira de remplacer les centrales existantes qui produisent des émissions de CO2, par des centrales propres, garantissant l’indépendance de l’approvisionnement en électricité. L’examen concernant une décision de principe devra néanmoins être fondé sur le fait que la capacité nucléaire n’aura pas pour finalité une exportation permanente d’électricité ».
Sources :
Ministère de l’emploi et de l’économie finlandais
