L’expérience Zenius III réunit à Nantes quatre fervents automobilistes et une entreprise de location de voitures, Loc Eco. Le principe ? Prouver qu’une vie sans voiture est possible et que réduire son empreinte écologique est à la portée de tous.
Huit semaines. Ils ont presque tenu huit semaines: quatre nantais, de 30 à 50 ans sont les cobayes volontaires d’une expérience originale. A l’initiative de Jérôme Guienne, le directeur de Loc Eco, une entreprise de location de voitures, ces automobilistes se sont séparés de leur véhicule pendant deux mois, au profit des transports en commun, du vélo, de l’auto-partage et de la marche à pied.
« Je ne trouve pas d’inconvénients à la privation de véhicule ! »
Débutée le 18 septembre dernier, cette expérience touche à sa fin le 5 novembre.
Initiée il y a trois ans par Jérôme Guienne, un petit loueur de voitures qui propose des véhicules pour le week-end ou les vacances, Zenius est un succès. Aujourd’hui, à deux jours de la fin de l’aventure, les participants semblent convaincus : « J’ai beau chercher, quand un journaliste me demande les inconvénients de la privation de véhicule : je ne trouve pas ! », explique Edouard Goin, l’un des participants, sur le blog de Zenius. Pour ce père de famille trentenaire, l’expérience a même été un déclic : il vient de mettre en vente sa voiture et espère s’en séparer avant la fin de l’année.
Un transport multimodal moins onéreux.
Mais comme le souligne Eric Cabanas, 50 ans, journaliste et doyen de l’expérience, les appréhensions liées à l’abandon de la voiture au profit des autres moyens de transport sont avant tout psychologiques. Pourtant, outre la dimension écologique du geste, opter pour le transport multimodal semble, côté budget, plus avantageux que la possession d’un véhicule personnel et moins dépendant des fluctuations du prix de l’essence.
Des initiatives européennes en faveur du transport mutlimodal.
Si la voiture assure encore la grande majorité des transports des particuliers, les agglomérations tendent à offrir à leurs habitants des solutions pour une alternative à l’automobile. Une loi proposée par Dominique Voynet a été votée le 25 juin 1999, visant à favoriser l’élaboration de schémas multimodaux de services collectifs de transports de personnes. A l’échelle européenne, le projet Civitas-Mobilis II par exemple, lancé le 1er février 2005 associe dans ce but les villes de Toulouse, Venise (Italie), Ljubljana (Slovénie), Odense (Danemark) et Debrecen (Hongrie). Ce projet de la Commission Européenne qui prendra fin en janvier prochain vise à apporter des subventions à ces agglomérations pour les transports publics.
Développement de l’information liée à ces modes de transports en commun.
A Toulouse, le projet se concrétise par une série de mesures comme la mise en place de produits tarifaires multimodaux combinés, le développement des services de covoiturage et d’autopartage, des modes de transports dits « doux » (vélo et marche à pied) et le développement de l’information autour des innovations liées à ce projet.
Du côté de la blogosphère, des irréductibles défenseurs du vélo ou de la marche à pied font entendre leur voix et expliquent, chacun à leur façon qu’une vie sans voiture est possible. Le site Carfree propose des solutions pour palier à l’utilisation de la voiture et relaie des résultats d’études ainsi que des messages d’associations comme Vélorution par exemple. Cette association, présente à Paris mais également dans des villes de province revendique une ville sans vélo et organise de nombreuses manifestations. Le site cyclane animé par François Schneider, prône quant à lui une campagne sans voiture et le retour à des moyens de transports moins polluants et plus traditionnels comme… l’âne bâté !
Sources :
Zenius
