Le 28 mars 2008, l’hydrolienne Sabella D03 a été baptisée par Jacqueline Tabarly et immergée dans le lit de l’Odet, près de la station balnéaire finistérienne de Bénodet.
Sabella D03, possède un rotor de trois mètres de diamètre qui, grâce à la position de l’hydrolienne dans le lit d’un courant marin ou à l’embouchure d’un fleuve ou d’une rivière, profitera du mouvement des marées pour créer ainsi de l’énergie, que la marée monte ou descende. L’hydrolienne fonctionne ainsi sur le même principe que l’éolienne avec le vent.
Le premier essai d’hydrolienne en France.
Ce prototype conçu par l’entreprise Hydrohelix Energies et construit par DCNS Brest et ENAG Quimper, n’a pas vocation à produire de l’énergie immédiatement. Il est un premier test vers un projet de plus grande ampleur nommé « Marénergie », constitué de cinq hydroliennes trois fois plus grandes, d’une puissance d’1 MW chacune. En France, le lancement de Sabella DO3 marque le premier projet national en matière d’hydroliennes.
Dans le contexte de la flambée des prix du pétrole et du respect du protocole de Kyoto, diversifier les sources de fourniture d’électricité est un enjeu majeur. Les avantages des courants marins sont qu’ils sont prévisibles et qu’il est possible d’évaluer précisément leur force au préalable. En France, EDF souhaite contribuer à l’émergence de la filière hydrolienne pour devenir un des exploitants des futurs parcs. Plusieurs projets sont à l’étude, notamment au large des côtes normandes et bretonnes, où, selon une étude menée par EDF, le potentiel énergétique est important. Des études sont réalisées depuis 2005.
Seagen pourrait alimenter en énergie 1 000 foyers.
La Norvège a été pionnière dans le domaine avec l’installation en 2003 d’une usine marémotrice à l’extrême Nord du pays par l’entreprise Hammerfest Strom AS, rattachée au réseau depuis 2006. Suite à l’épuisement des ressources pétrolières dans la mer du Nord, les britanniques se sont lancés dans les énergies de la mer, et en particulier dans les hydroliennes en menant des études depuis le début des années 2000. Aujourd’hui le leader mondial est Marine Current Turbines Ltd qui a achevé en mai dernier, l’installation de la structure Seagen dans le détroit de Strangford en Irlande du Nord pour une période de 12 semaines de tests en conditions réelles.
Grande de 16 m de diamètre, l’hydrolienne pourrait à terme fonctionner 18 à 20 heures par jour et fournir de l’électricité à l’équivalent de 1000 foyers par jour. C’est quatre fois plus que tout autre projet à ce jour achevé dans le monde. La société ESB Independant Energies vient de signer avec MCT un accord de fourniture d’énergie qui l’engage à distribuer à ses clients dans toute l’Irlande l’électricité produite par SeaGen.
L’hydrolienne Seaflow, développée également par Marine Current Turbines fonctionne à titre expérimental depuis 2003 avec le soutien d’EDF Energy. L’entreprise britannique a pour ambition la création d’une gigantesque ferme marémotrice au large du Pays de Galles comprenant 7 turbines pouvant produire jusqu’à 1,5MW chacune.
Marion Rotrubin
Sources : http://www.hydrohelix.fr/projet-de-recherche.html ; http://www.openhydro.com/news/OpenHydroPR-270508.pdf
http://www.ifremer.fr/dtmsi/colloques/seatech04/mp/article/4.courants_marins/4.5.edf-rd.pdf
http://www.edf.fr/html/global_compact/environnement.html
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/13262.htm
http://www.marineturbines.com/3/news/article/7/seagen__the_world_s_first_commercial_scale_tidal_energy_turbine_deployed_in_northern_ireland/
http://www.ecoresponsabilite.ecologie.gouv.fr/old/dispo/seminaire/EDF%20Group%20Marine%20EnergyV4.pdf
http://www.seageneration.co.uk/news/221205%20MCT%20EDF%20Energy%20press%20statement%20Final.pdf
