Le Parlement Européen adopte à l’unanimité un texte devant permettre une harmonisation des règles entourant la circulation des véhicules roulant à l’hydrogène.
Le Parlement souhaite désormais établir un cadre réglementaire unique, afin d’établir des normes d’homologation pour les véhicules roulant à l’hydrogène, ce qui permettrait de faciliter la pénétration du parc automobile en faveur de cette technologie. Surtout quand on sait qu’une innovation met environ 20 ans pour s’imposer, on mesure le chemin à accomplir au niveau de l’hydrogène.
Outre les problèmes techniques, non résolus à ce jour dans le cadre d’une commercialisation à un prix compétitif, il s’agit pour le parlement d’établir des normes de stockage ou d’utilisation de l’hydrogène.
Ces normes pourront permettre d’harmoniser les efforts certes louables des constructeurs, mais qui peuvent aboutir à des résultats très différents en matière de prototype : de la BMW série 7 qui utilise de l’hydrogène avec un moteur à combustion classique, au modèle Tucson FCEV de chez Hundai qui est une voiture hybride avec une unité hydrogène alimentée par des bouteilles de gaz, au projet Suzuki.
Le rapport de la Commission indique notamment : « Les exigences techniques pour l’homologation des véhicules à moteur en ce qui concerne la propulsion par l’hydrogène devraient être harmonisées pour éviter l’adoption d’exigences qui varient d’un Etat membre à un autre ».
Et comme on sait également que le combustible embarqué est extrêmement inflammable, le rapport propose que les conditions de sécurité d’une telle utilisation soient strictement encadrées : « Il convient également de conférer à la Commission le pouvoir d’établir des procédures, des essais et des exigences spécifiques concernant la protection contre les chocs des véhicules fonctionnant à l’hydrogène et des exigences en matière de sécurité du système intégré ».
L’hydrogène n’existant pas à l’état naturel sur terre, il faut le fabriquer. Le texte inclus par conséquent : « L’hydrogène est toutefois un vecteur énergétique et non une source d’énergie, de sorte que les avantages de la propulsion à hydrogène sur le plan climatique dépendent de la source utilisée pour obtenir l’hydrogène. Il convient dès lors de veiller à ce que le carburant hydrogène soit produit de manière durable, dans la mesure du possible à partir d’énergies renouvelables, de sorte que le bilan environnemental global de l’introduction de l’hydrogène en tant que carburant soit positif ».
Ce qui complique donc passablement la mise au point de cette technologie, car mis à part les problèmes spécifiques de la pile à combustible et de la technologie hydrogène (étanchéité du réservoir, inflammabilité du gaz, etc…), il convient également de se doter d’installations permettant une source d’énergie primaire (celle qui sera utilisée pour produire l’hydrogène) qui n’émettent pas de CO2.
Le challenge qui s’impose déjà à nous est déjà de mettre en place un modèle énergétique alternatif.
On conçoit la difficulté qu’il y aura à s’affranchir progressivement des combustibles carbonés, avec les efforts et sacrifices que l’on peut supposer en perspective.
La nécessité de disposer d’infrastructures propres à produire de l’hydrogène s’ajoutera donc à cela, et la quantité demandée sera considérable. Il faudra donc, en plus, de produire davantage d’énergie pour cet usage spécifique.
Et il semble bien que la seule solution pour produire cette énergie en quantité suffisante soit le nucléaire.
Enfin, une harmonisation des conditions de commercialisation de véhicules à l’hydrogène, devant permettre une facilitation du développement de la technologie, est donc assortie d’exigences précises pour les constructeurs quant à la fiabilité des équipements qu’ils seront amenés à proposer. Que ce soit « la protection contre la surpressurisation, ou que les matériaux des pièces des composants et systèmes hydrogène qui doivent entrer en contact direct avec l’hydrogène soient compatibles avec l’hydrogène, ou enfin que les composants et systèmes hydrogène résistent aux températures et pressions prévues pendant leur durée de vie prévue».
Le texte a été approuvé par une très large majorité de 644 voix pour et 2 voix contre.
Source : Europa
