La permaculture avec Bernard Alonso

Bernard Alonso est un Québécois qui enseigne la permaculture un peu partout dans le monde. Une des définitions de la permaculture est “L’art de recréer des écosystèmes écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables dans un environnement immédiat” . Il s’agit d’une approche, et non d’une technique, qui naît de l’observation, où l’on perçoit que tous les systèmes (végétal, animal, humain) sont interdépendants les uns des autres.

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Depuis les travaux des co-fondateurs de la permaculture, Bill Mollison et David Holmgren (après le premier choc pétrolier et juste avant le deuxième !) à la fin des années 70, où en sommes-nous, une trentaine d’années après ?
La permaculture se situe maintenant au-delà du simple “bio”, et je remarque qu’il y a une prise de conscience considérable sur le fait de vivre différemment. On s’aperçoit qu’un changement collectif n’est possible que s’il s’est d’abord réalisé à une échelle individuelle. Que le préalable indispensable est d’abord la transformation de l’individu pour aboutir à concevoir un environnement (habitat, agriculture) en harmonie avec la nature. Le bio, agroécologie, etc. ne restent que des techniques si on ne prend pas en compte l’individu comme faisant partie intégrante d’un écosystème vivant.

Dans les ateliers que tu animes notamment en France, comment se passe la transmission de cette notion “systémique”, cette approche propre à la permaculture, dans un pays réputé pour son cartésianisme ?
Comme je ne fais pas d’autopromotion, les gens viennent d’eux-mêmes et sont déjà sensibilisés à une approche différente des choses, quand ils ne sont pas tout simplement contraints dans un mode de fonctionnement dont ils souhaitent sortir, même dans la gestion de leur ferme pour certains, ou de leur pratiques d’agriculture biologique pour d’autres. Ils sont donc déjà prêts à découvrir autre chose. La permaculture est aussi vécue comme un boîte à outils pour tous ceux qui refusent de vivre cette vie formatée de la société industrielle.

Rob Hopskins qui utilise la permaculture dans sa démarche pense que la France a conservé une base résiliente intéressante dans la présence de marchés, d’alimentation locale dans les villages, etc. qu’en penses-tu, toi qui voyage beaucoup ?
Effectivement, il y a en France, comme en Belgique d’ailleurs, par opposition aux Etats-Unis des habitudes alimentaires qui font que par exemple, les consommateurs qui vont au marché choisissent d’abord ce qu’il y a de disponible, contrairement aux nord américains qui feront leur choix en fonction d’une recette, sans tenir compte des possibilités qu’offrent les saisons. Ils privilégient également l’aspect extérieur alors qu’ici on s’attache prioritairement au goût des aliments.
En revanche, les Français semblent moins enclins à accorder spontanément leur confiance, ce qui en marge de l’aspect purement alimentaire du comportement, créé un climat moins propice à intégrer des communautés de Transition comme ce qui se fait outre-Atlantique ou en Angleterre. Le goût du débat pour le débat freine à mon sens également l’action et finit par épuiser ! Par ailleurs le monde industriel a transformé l’aspect social-relationnel, et a créé une grande solitude chez l’individu. Pour palier à cette situation, nous avons créer des compensations énergivores et déséquilibrantes.

La transition énergétique est la thématique de transition-energie.com, nous allons vivre une grande transformation de nos sociétés, pour le meilleur et parfois pour le pire, comment te situes-tu dans ce contexte ?
J’ai géré une ferme pendant 17 ans et j’ai eu la chance de connaître la permaculture qui m’a sorti d’une situation agricole dans laquelle je n’aurais pas survécu. Je constate qu’avec la permaculture, dès qu’on crée des liens entre les écosystémes où tout est en inter-relations cela marche, cela fonctionne, je suis donc très enthousiaste.

Envisages-tu d’entreprendre d’autres actions, toi et d’autres, pour davantage faire connaître la permaculture au grand public, où penses-tu que c’est d’abord par une action de terrain qu’elle se fera connaître petit à petit ? Car le temps nous ait compté !
Mon but est d’abord de donner envie à des étudiants de devenir eux-mêmes enseignants, de transmettre la capacité de création, d’avoir le souci d’une alimentation saine, d’apprendre l’éco-construction, de découvrir la façon de socialiser les gens entre eux, tout cela vient de l’expérience qui provient elle-même d’une longue observation. Ensuite les choses viennent d’elles-mêmes.

Interview réalisée par Philippe Aubert

 

 

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2 réponses à La permaculture avec Bernard Alonso

  1. Josué dit :

    Bonjour,

    Je recherche des informations concernant la perma-coop de Bernard Alonso.
    Quelqu’un peut m’aider ?

    Josué

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