La future coopérative d’habitants le Village Vertical, et l’association de promotion et d’accompagnement des coopératives d’habitants Habicoop vont faire naître la première coopérative d’habitants de France à Villeurbanne.
Le dépôt du permis de construire marque la concrétisation du travail mené depuis 5 ans par le Village Vertical pour mettre en œuvre une autre façon d’habiter : la coopérative d’habitants.
Cette troisième voie du logement, entre propriété et location, est fondée sur la non spéculation, l’implication des habitants dès la conception du projet et la propriété collective.
Ce projet innovant, le premier à aboutir sous ce statut, est mené en partenariat avec Habicoop sur les aspects juridique et financier et la coopérative HLM Rhône Saône Habitat pour la maîtrise d’ouvrage.
En plus des 14 logements et des espaces collectifs prévus pour la coopérative d’habitants le Village Vertical, l’opération conjointe comprend 24 logements en accession sociale à la propriété produits par Rhône Saône Habitat. Avec une performance énergétique de Bâtiment Basse Consommation (BBC), l’opération vise l’exemplarité en terme de respect de l’environnement et d’utilisation de matériaux sains et de ressources locales et renouvelables.
L’association donnera sa première conférence de presse pour marquer l’évènement le 27 janvier à Villeurbanne.
Définition d’une coopérative d’habitants
Une société coopérative d’habitants regroupe des personnes qui veulent gérer et améliorer, ensemble, les logements qu’ils occupent dans un même immeuble ou sur un même terrain. Les valeurs fondamentales sont la propriété collective, la sortie du système spéculatif et une véritable démocratie.
Le constat
Comme dans de nombreuses grandes villes, la spéculation immobilière et le développement de l’agglomération lyonnaise ont participé à l’augmentation des prix et à l’appauvrissement de l’offre sur le marché immobilier.
On assiste par conséquent à la disparition quasi-totale de la mixité sociale dans les bâtiments de logement et à la séparation de plus en plus complète des fonctions du bâti (logement vs bureaux et commerces). Cette double partition appauvrit la cohérence et la richesse de l’espace urbain. La spéculation immobilière gagne du terrain, et pas uniquement à Lyon ou en France. L’étalement urbain se développe et le mitage des zones rurales également.
Par ailleurs, les HLM rencontrent des problèmes de manque de responsabilisation de leurs habitants qui se traduit par une dégradation des espaces communs.
Les prix élevés de l’immobilier rendent l’accès au logement de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Les listes d’attente pour des logements sociaux s’allongent, alors que le taux de rotation est extrêmement faible. En effet, une part croissante de ménages, disposant de revenus raisonnables, ne peuvent plus accéder aux logements sur le marché privé, que ce soit à l’achat ou à la location, et sont contraints de continuer à occuper les logements sociaux.
Une réponse : les coopératives d’habitants
La coopérative d’habitant offre : une alternative pour les personnes exclues du marché de l’immobilier un nouveau type de rapport à la propriété des solidarités de voisinage.
La coopérative d’habitants permet un accès à un logement stable, dans un bâtiment de qualité, à un prix raisonnable. La coopérative permet d’accéder à un logement d’autant plus adapté aux besoins du locataire qu’il a participé à sa conception.
La coopérative d’habitants permet la mise en commun d’espaces et de services (salle polyvalente commune, buanderie) pour favoriser la solidarité. La coopérative d’habitants permet le développement de la vie sociale et des solidarités de voisinage. L’implication des coopérateurs, les efforts de mutualisation de moyens et des espaces et le souhait d’éviter les intermédiaires permettent d’offrir des loyers inférieurs aux prix du marché.
Une stratégie d’adaptation pour la prochaine crise énergétique
Parmi les différentes stratégies d’adaptation concernant le logement dans un contexte de paupérisation, ce qui est aujourd’hui en France encore très nouveau, pourrait essaimer utilement à l’avenir, à l’instar de ce qui est culturellement devenu banal à l’étranger. Encore faut-il que la Loi suive, qui a aujourd’hui peine à évoluer malgré les efforts d’Habicoop.
Un concept qui fonctionne à l’étranger
Les coopératives d’habitants sont reconnues comme des relais utilisés par les autorités publiques pour créer des habitations mixtes dans de nombreux pays étrangers. Habicoop a tissé des contacts avec différentes coopératives étrangères. Plusieurs visites ont été organisées à Genève, non seulement pour les partenaires de l’AP Habicoop (financeurs potentiels, architectes, etc.), mais aussi pour les futurs coopérateurs. Par ailleurs, Habicoop est en contact avec des coopératives et des Groupes de Ressources Techniques québécois (centres d’accompagnement pour les coopératives d’habitants).
Il existe des coopératives en :
- Suisse : 8 % du parc immobilier et jusqu’à 20 % dans les grandes villes
- Norvège : 15 % du parc, 40 % des logements à Oslo
- Suède
- Québec : 50 000 habitants
- Norvège
- Hollande
- Espagne
- Royaume-Uni
- Argentine
Source :
Habicoop
