La mobilité, l’autre vulnérabilité énergétique

La précarité énergétique est le plus souvent abordée dans la problématique du chauffage, davantage que pour la question du transport. La dimension mobilité est en effet moins pris en compte et organisée, comme commence à l’être la précarité énergétique dans le logement. Et pourtant, ce sont les deux faces d’un même malaise.

Evolution de l'effort énergétique des ménages

L’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) a publié un intéressant rapport sur cette question. La vulnérabilité énergétique liée à la mobilité représente en effet un enjeu considérable, avec 23 % des ménages concernés pour un territoire comme celui de l’aire urbaine de Lyon par exemple.

Plus largement, l’identification d’une problématique de vulnérabilité est aussi de l’ordre politique et symbolique, et n’est pas toujours directement déduite de la perception des ménages. Par exemple, s’il existe des tarifs sociaux pour l’électricité et le gaz, peu de choses sont faites pour l’alimentation, poste contraint pourtant très important dans le budget des ménages.

La première partie de l’étude s’intéresse aux dimensions économiques et sociologiques de la vulnérabilité liée à la mobilité, puis ensuite aborde  les conditions d’un basculement vers la précarité. La seconde partie décrira les éléments de la fabrique urbaine qui conduisent à cette vulnérabilité et proposera des pistes de solutions pouvant y être apportées. L’analyse de la vulnérabilité énergétique doit s’inscrire dans la réflexion sur le fonctionnement des systèmes urbains et les réponses qui peuvent y être apportées doivent incorporer les différentes dimensions de la vulnérabilité.

De la vulnérabilité à la précarité

Pour une définition de la vulnérabilité dans la mobilité

La vulnérabilité est définie dans l’étude comme une situation de tension qui peut aboutir à une situation de précarité, et où cette tension a alors des conséquences réelles sur le ménage. Les ménages vulnérables sont ceux qui sont les plus exposés à des aléas, qui viendraient les impacter pour les mettre dans une situation de précarité, où des effets cumulatifs se font ensuite sentir (impayés, endettement, coupure d’électricité, impact social, Rapport Pelletier, 2009).

Les 23 % précités dans les ménages de l’aire urbaine de Lyon représentent un enjeu considérable avec 200 000 personnes. Mais l’étude a été réalisée en 2006, avec les prix du carburant d’aujourd’hui, cela ne fait donc que grossir ce chiffre.

Quel profil de ménage ?

Il s’agit essentiellement des ménages habitant évidemment dans une zone périurbaine. Et même si ce type de lieu de résidence comme lieu de vie et d’épanouissement familial est choisi, l’éloignement, pour sa part, est subi : la première couronne de l’agglomération aurait été préférée, mais les prix ont poussé ces ménages vers la 2e couronne plus lointaine. Et ce parcours résidentiel, même s’il est désiré, n’est pas forcément bien planifié : ainsi, les budgets carburant ont été mal anticipés, et les pos- sibles hausses futures des prix de l’énergie très peu envisagées (OSL, 2010)

Ce qui est à venir

Différentes causes peuvent être à l’origine du basculement dans une situation de vulnérabilité énergétique.

  • Ce peut être un évènement coûteux imprévu ou la baisse des revenus suite à un licenciement
  • Mais ce qui est pointé dans l’étude est surtout la hausse du pétrole pour les trois facteurs qui le composent:
    1 L’incertitude du niveau d’augmentation ce qui rend difficile une stratégie d’adaptation
    2 La pression qu’on imagine allant croissante
    3 Une volatilité qui ne fera que compliquer encore plus le problème

Les solutions

Au niveau de l’organisation des agglomérations et du développement urbain, il s’agit de processus lourds comme la maîtrise du problème foncier et la remise en cause de certaines planifications du tissu urbain.

L’étude termine sur l’intérêt de la mobilité partagée. Il est évident que des solutions de ce type contribuent déjà fortement à faire baisser la pression du coût de la mobilité. Demain il faudra aussi prendre en compte l’effondrement des prix de l’immobilier pour les communes trop excentrées.

Source :

RAPPEL

 

 

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