Le secteur pétrolier a besoin de trouver 27 000 milliards de dollars (1) au cours des 20 prochaines années pour financer la recherche de nouveaux gisements.
Soit, mais aujourd’hui nous avons d’autres informations qui ne vont pas dans le même sens. Par exemple, il ne se passe pas trois jours sans qu’un article (2) ne fasse état de la préoccupation de la presse sur le maillon le plus faible des pays endettés de la zone euro: l’Irlande (faisant partie des PIGS avec la Grêce, l’Espagne et le Portugal).
Et la santé du secteur bancaire n’est quand à elle pas purgée de toute hypothèque. Ce n’est pas le krach test européen 2010 qui assainira la situation, même s’il a restauré une certaine confiance aux marchés par plus de transparence sur les chiffres.
En face de cela, nous avons la déclaration de Jean-François Hénin qui déclarait il y a quelques mois dans une récente interview au journal La Tribune que, la “quasi-totalité des acteurs du système bancaire du secteur pétrolier ont disparu“.
Tout ceci laisse songeur quand on repense à l’article d’anthologie publié dans la revue Scientific American de mars 1998 et qui prophétisait la fin du pétrole bon marché co-écrit par Colin Campbell et Jean Laherrère,
Car 10 ans plus tard, s’ajoutait la crise financière de 2008 qui a révélé au monde que les 50 000 milliards du PIB mondial était bien peu de choses en face des 350 000 milliards de produits dérivés, et que le terrain de jeu préféré des banquiers constituait une formidable pyramide de Ponzi qui pouvait s’écrouler comme un château de cartes.
En l’espèce le fait déclencheur de la crise a été précisement la faillite de Lehman Brothers, qui faisait suite à la crise des subprimes d’août 2007, et la crise de liquidités du marché interbancaire.
A la fin de la même année, Fatih Birol le directeur des affaires économiques de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) déclarait lors d’une interview historique qu’un plateau de production de pétrole interviendrait en 2020, suivi d’un déclin de 6,7 %. Nous savons aujourd’hui (voir “Genèse crise pétrolière“) que c’est beaucoup plus tôt.
Nous avons donc tous les éléments d’une réaction en chaîne du plus bel effet, en lieu et place d’un simple pic pétrolier (plafond historique de production) avec le problème de l’offre et de la demande et la fin du pétrole bon marché, s’ajoute désormais l’endettement de certains états susceptibles à eux seuls d’entraîner le système financier mondial dans une crise systémique, la fragilité d’un secteur bancaire qui ne veut plus financer les pétroliers, et qui n’aura vraisemblablement plus le temps d’assainir sa situation. Car la faible marge de capacité excédentaire de production qui concernait l’Arabie Saoudite n’existe plus.
Nous somme coincés entre le besoin d’investissement dont parlaient déjà Nabuo Tanaka, le directeur général de l’AIE en mars 2009 , avec Ali Naimi le ministre saoudien du pétrole au même moment, et les déclarations de Fatih Birol qui, commentant le rapport 2009 de l’agence rappelait que le monde a besoin de découvrir l’équivalent de quatre Arabie Saoudite avant 2030. Ce qui est évidemment une manière de dire que nous sommes dans une impasse.
Il faut donc prendre toutes ces informations, les additionner, éventuellement secouer le tout, faire 2 + 2 pour avoir une réaction en chaîne, plus explosive que la seule crise du pétrole.
La question qui reste posée est: quelle va être le premier secteur à tomber et qui va entrainer les autres?
Un oligarque russe avait dit un jour:” Le domino maître est le pétrole, s’il tombe, tous les autres le suivent dans sa chute”.
(1) L’AIE dans son rapport 2008 citait le chiffre de 26 000 milliards de dollars concernant les investissements globaux dont 9 400 milliards dans les activités pétrolières et gazières.
(2) Virginie Malingre, “L’économie de l’Irlande rechute sur fond de purge budgétaire prolongée”, Le Monde du 25 septembre p 8


la crise des pays arabes est que les dirigeants de ces pays sont des avaloirs