L’an II de Hollande sous le signe de l’offensive

Hollande sort du bois sous la pression des médias et des sondages en baisse. Quand cela concerne la transition énergétique, dont l’appellation même était totalement absente des agendas ministériels il y ne serait-ce qu’un an, on ne va pas bouder son plaisir.

Il plaide pour la création d’une “véritable communauté européenne de l’énergie” chargée de la transition énergétique et destinée à “coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble à assurer la transition énergétique”.

Cette volonté d’impulser un changement au niveau de l’Europe, fait jeu égal avec l’économie numérique, la santé et les grandes infrastructures de transports. On n’aura pas attendu la loi de programmation sur la transition prévue en octobre. Mais la prudence reste de mise car pour l’instant on a pas dit combien, pour un Etat dont les marges de manoeuvre financières sont limitées.

Le chef de l’Etat a quand même indiqué quelques pistes comme les crédits européens, ceux du programme des investissements d’avenir issus du grand emprunt de 2010, les fonds de la Caisse des dépôts, ceux de la Banque publique d’investissement (BPI), la cession de participations publiques, mais aussi les fonds issus du secteur privé (partenariats, capitaux extérieurs, fonds d’investissement).

Il a demandé à son premier ministre Jean-Marc Ayrault de présenter au mois de juin prochain un plan d’investissement pour les dix ans qui viennent.

Une communauté européenne de l’énergie

Deux jours après la déclaration de Peter Altmaier (Ministre de l’environnement allemand) et Delphine Batho (Ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie) dans Le Monde (1) qui souhaitent unir leur force dans ce qui est pressenti comme une nouvelle révolution industrielle. La France et l’Allemagne sont d’ailleurs les deux premiers pays producteurs d’énergies renouvelables en Europe. Même si la France est très loin derrière son voisin germanique en ce qui concerne le solaire avec 2 831,4 MW pour 2011 en 4° position contre 24 875 MW annuels.

L’idée fait aussi suite à la transformation du simple bureau en office franco-allemand des énergies renouvelables en février dernier, qui serait la proue avancé, le couple moteur d’un engagement européen dans le domaine. C’est également une belle continuation du rêve des pères fondateurs de l’Europe avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1951.

Ecologie sans frontière dans les cahiers d’acteurs du Débat sur la Transition Energétique avait d’ailleurs émis l’idée de créer un consortium de la transition énergétique, à l’image d’Airbus dans l’aéronautique.

Car il sont là tous les avantages réunis, produire une énergie propre, à l’échelon local, avec les emplois non délocalisables de demain. Qui fait face au dumping environnemental US préfèrant poursuivre sa folle fuite en avant avec l’extraction des gaz et huile de schiste.

Philippe Aubert
Eco-blogueur

(1) Peter Altmaier (Ministre de l’environnement allemand) et Delphine Batho (Ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie, “Faisons de la transition énergétique le moteur du couple franco-allemand”, Le Monde, 14/5/2013

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