L’autonomie énergétique des territoires : l’ile de La Réunion (3)

Avec 817 000 habitants en janvier 2010, l’ile doit faire face, plus que jamais, au défi posé par la nécessaire “autosuffisance énergétique”. Et il est de taille puisque ce département niché dans l’océan Indien, entre la fosse des Mascareignes et le tropique du Capricorne vise l’autonomie énergétique totale en 2025.

L’handicap qui consiste à être un Système Energétique Isolé (SEI), comme d’autres Dom-Tom ou la Corse, est doublé d’une démographie galopante.

En 30 ans, de 1970 à 2010, la population a quasiment doublé, passant de 450 000 à plus de 800 000 personnes.

Résultat : d’un modèle énergétique autosuffisant à la fin des années 80 avec les énergies renouvelables, principalement dû au parc hydraulique, on est passé aujourd’hui à un besoin en énergies fossiles supérieur à 60 %.

Mais ce frein est en fait un formidable challenge en terme de terrain d’expérimentation à une grande échelle, puisqu’il s’agit de rendre autonome en énergie une zone que l’on prévoie être constituée de 1 000 000 de personnes en 2025.

En premier lieu, l’ile doit normalement atteindre dès cette année le seuil maximal de 30 % d’énergies intermittentes (éolien et solaire).

La part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique total doit être de 50 % en 2020 contre 23 % pour la métropole. Elle est déjà de 36 %.

L’ile met donc les bouchées doubles puisqu’elle est dotée de :

  • Deux fermes éoliennes à Sainte-Rose et Sainte-Suzanne-La-Perrière
  • Un parc photovoltaïque de 818 panneaux.
  • La centrale énergétique de Bois-Rouge qui fournit jusqu’à 10 % de l’électricité de l’ile en brûlant les résidus fibreux de la canne à sucre, la bagasse.
  • Une installation de biogaz de décharge

Comme il se doit des efforts incontournables ont été accomplis en matière d’efficacité énergétique :

  • 100 000 foyers sont équipés de chauffe-eau solaire
  • C’est dorénavant 2 millions d’ampoule basse consommation qui éclairent 90 % des foyers
  • Traque de l’électricité gaspillée des appareils en veille grâce à des prises “intelligentes”.

Pour compléter le tableau EDF a lancé des recherches conséquentes sur les énergies renouvelables à production constante : l’hydraulique, la géothermie, la  biomasse.

Güssing : le miracle autrichien en terme d’autonomie énergétique

Pour terminer ces trois volets consacrés à “l’autonomie énergétique des territoires”, citons la ville de Güssing, 4 000 habitants, située dans la province du Burgenland, en Autriche.

Il y a une vingtaine d’années, la région entourant Güssing était la plus pauvre d’Autriche : chômage élevé, migration importante, pas d’industries.

En 1990, le maire de la ville Monsieur Raddach décide de mettre à profit le potentiel important de Güssing en terme d’énergies renouvelables : du bois en abondance, les déjections animales des exploitations alentour, un excédent d’herbes intéressant pour le biogaz, de la place pour le photovoltaïque et le solaire thermique.

Le projet, piloté avec le Centre européen des énergies renouvelables, a permis la création de 35 installations de production d’énergie. Des centrales de production de biogaz pour la production de chaleur et d’électricité, de biodiesel avec le colza, de gazéification du bois pour la cogénération, des installations solaires thermiques (eau chaude et chauffage), et photovoltaïque pour l’électricité.

La ville produit aujourd’hui 2,5 fois ses besoins en énergie électrique, 160 % de biocarburants et quasiment 100 % de chaleur.

Le district de Güssing de 27 000 habitants est aujourd’hui autosuffisant à 50 % en énergie

A la suite du succès de la création de ce modèle énergétique, la ville héberge maintenant le Centre Européen d’Energie Renouvelable qui l’a fait renaître.

Au fur et à mesure de l’avancée des connaissances des villes et des régions en matière de transformation de leur modèle énergétique, l’efficacité reviendra aussi à fédérer, échanger les connaissances et les expériences, comme à Montdidier, à Perpignan, en passant par Güssing et l’ile de La Réunion.

Dans ce qui constituera un fantastique enjeu : la troisième transformation du modèle énergétique mondial, après le passage du bois au charbon, et ensuite du charbon au pétrole et au gaz naturel.

Philippe Aubert

Sources :

Presse diverse (web, Batiactu, 20 minutes,)

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3 réponses à L’autonomie énergétique des territoires : l’ile de La Réunion (3)

  1. Pain Clémentine dit :

    Bonjour,

    Je suis étudiante à Paris Dauphine en Master 1 dévéloppement durable et responsabilité des organisations et je voulais écrire pour une travail en energy and climate change economics sur la transition energetique de la Réunion. J’ai habité toute mon enfnace sur l’Ile c’est pour ça que ce sujet me tiens à coeur.

    Et il possible de me guider sur les differents moyens que la Réunion veut développer pour parvenir à une transition complète?

    Merci d’avance,
    J’espère avoir le plus de réponses possible.

    Cordialement.

  2. A part l’article que vous avez lu, je n’ai pas d’autres éléments. Il faudrait commencer votre recherche par Centre Européen d’Energie Renouvelable (cité dans l’article).
    A titre personnel, je suis déjà allé à la Réunion, et j’en garde un souvenir magique.

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