Les dates du pic pétrolier

Par “pic pétrolier” on entend donc le plafond maximum de production qui sera suivi d’un déclin irréversible.

Mais le mot “pétrole” recouvre deux choses distinctes :

  • Le pétrole “conventionnel”, celui que nous avons toujours connu (le geyser liquide qui sort du sol).
  • L’appellation “pétrole” qui est un terme générique et qui recouvre en plus d’autres liquides : les liquides issus de gaz naturel, les pétroles extra-lourds du Canada et du Venezuela, les biocarburants, mais dont chacun d’eux à toujours été marginal en terme de quantité de production.

Pour le pétrole conventionnel, le rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) paru le 9/11/2010 l’a annoncé en toute discrétion comme étant survenu en 2006.

Voir article : Le pic pétrolier a eu lieu en 2006 déclare très discrètement l’AIE.

Nous connaissons donc maintenant la date du pic de “pétrole conventionnel”, nous attendons maintenant deux choses:

  • Le moment où la production sera insuffisante par rapport à la demande
  • La date du pic pétrolier global comprenant tous les types de liquides.

Pour aujourd’hui le pic (plafond historique de production) de production “tous liquides confondus” présente toujours une incertitude, on ne sait pas quand il se produira (voir Genèse crise pétrolière) mais cela ne devrait pas tarder.

Dans la mesure où le déclin du pétrole conventionnel est amorcé depuis 2009, et qu’il est très largement majoritaire dans la production “tous liquides confondus”. Il faudrait que les autres liquides et les champs à développer et à explorer pallient à cette baisse, ce qui ne sera plus possible très longtemps.

Quelques dates concernant les prévisions du pic pétrolier mondial (tous liquides confondus).

  • 2006 : Mattew Simmons Banquier d’affaires américain, spécialisé dans l’énergie.
  • 2006 : The Energy Watch Group Réseau allemand de scientifiques et de parlementaires.
  • 2010 : King Hubbert : auteur de la fameuse courbe de Hubbert donnant naissance à l’idée de pic mondial (après une première estimation en 2000).
  • 2010 : Allemagne
  • 2012 : Nouvelle-Zélande
  • 2015 : Selon l’ ASPO.
  • 2015 : juste après selon Olivier Rech
  • 2009-2014 : Robert Hirsch
  • 2020 : Sadad-Al-Husseini Ex n° 2 de la Saudi Aramco, la Cie nationale saoudienne.
  • 2025 : Thierry Desmarest Déclaration effectuée en 2006, lorsqu’il était président de TOTAL tout en précisant « si il y a une crise de la demande ».

Il est intéressant de noter que sont désormais ce sont pays, comme l’Allemagne ou la Nouvelle-Zélande (voir Genèse crise pétrolière) qui font faire des études sur le sujet, et qui ne se contentent plus des informations données par l’ AIE.

De nombreux pays producteurs ont déjà franchi le pic de production.

Parmi les principaux on peut citer les États-Unis (1970, autrefois premier producteur mondial), la Libye (1970), l’Iran (1976), le Royaume-Uni (1999), la Norvège (2000), le Mexique (2005). Début 2008, les seuls pays producteurs importants (parmi les 30 premiers) qui n’ont pas dépassé le pic pétrolier sont : l’Arabie Saoudite (controversé), le Koweit (controversé), l’Irak, l’Angola, et le Kazakhstan.
La production des quatre plus grands gisements de pétrole – Ghawar (Arabie Saoudite), Cantarell (Mexique), Burgan (Koweit) et Daqing (Chine) – serait aujourd’hui entrée en phase de déclin.

Liste des principaux pays producteurs de pétrole dans l’ordre décroissant de leurs exportations (en millions de barils/jour)

  • Arabie Saoudite : 2008-2014
  • Russie : 2007
  • Émirats Arabes Unis : 2014
  • Koweit :2013
  • Iran : 1974
  • Vénézuela : 1970
  • Nigéria : 1979
  • Norvège : 2000
  • Mexique : 2003
  • Irak : 2018
  • Angola : 2016
  • Lybie : 1970
  • Kazakhstan : ?
  • Quatar : 2004
  • Oman :2000
  • Équateur : 2004
  • Égypte : 1987
  • États-Unis : 1970
  • Grande-Bretagne: 1999
  • Inde : 1997

Arabie Saoudite : selon Matthew Simmons, qui a exercé un rôle d’expert auprès de la Task Force présidée par Dick Cheney (et supposée définir la politique énergétique des États-Unis), l’Arabie saoudite aurait également passé son pic en 2004. Si l’on peut donc encore douter de la validité du dépassement du pic pétrolier pour l’Arabie Saoudite, premier producteur mondial, nous devrons attendre quelques années avant d’avoir une réponse claire. Pour ce qui concerne le plus grand champ pétrolier de la planète, le gisement de Ghawar, plusieurs spécialistes estiment qu’il est proche du pic, même si les officiels le contestent. Selon la compagnie nationale, un certain nombre de petits gisements doivent entrer en production dans les années à venir et sont censés officiellement plus que compenser le déclin du gisement géant de Ghawar. La très forte croissance de la consommation intérieure contribue à diminuer rapidement la part des exportations.
Russie : l’URSS a atteint un premier pic de production en 1984 à 11,2 millions de barils/jour. La production s’est effondrée à la suite de l’éclatement de l’Union Soviétique à 6 millions de barils en 1995 puis a commencé à remonter en Russie à compter de cette date (en parallèle la production dans d’anciennes républiques soviétiques s’est fortement développée). En 2007 elle semble plafonner à la valeur de 9,8 millions de barils/jour. Les réserves en Russie sont estimées début 2008 selon les auteurs entre 70 et 170 milliards de barils. La fourchette basse conduit à un pic de production imminent tandis que si la valeur moyenne est retenue, la plus probable, le pic serait atteint d’ici 2015 avec une valeur de production quotidienne légèrement supérieure à la valeur actuelle. Mais les gisements qui doivent prendre le relais des zones de production actuelles nécessitent des investissements particulièrement importants (Arctique, Sibérie Orientale) et les compagnies pétrolières russes, sévèrement taxées par l’état, pourraient manquer de moyens. On attend une forte croissance de la demande intérieure (explosion du parc automobile privé) qui devrait également réduire la part des exportations.
Koweit : très récemment, le 12 novembre 2005, une nouvelle (publiée entre autres par AME Info et reprise par de nombreux médias dont Kuwaittimes.net) a stupéfié beaucoup d’experts : le champ de Burgan, situé au Koweït, 2e champ pétrolier de la planète par sa capacité, a atteint son pic de production. Les experts pensaient extraire 2 Mbbl/jour pendant encore 30 à 40 ans, mais il plafonne désormais autour de 1,7 Mbbl/j malgré tous les efforts entrepris pour maintenir son débit initial.
Mexique : le complexe de Cantarell, qui fournit les 2/3 de la production mexicaine, a atteint son pic en 2006, amorçant ainsi le déclin rapide de la production pétrolière mexicaine. L’agence américaine de l’énergie dans une analyse datée de 2007 estime que la production tombera à 3 millions de barils/jour en 2012 avec une remontée possible en 2030 au niveau de 2007 (3,5 millions de barils). La compagnie nationale PEMEX qui assure de manière exclusive l’exploration et la production du pétrole mexicain pourrait manquer de capitaux -du fait de prélèvements trop importants de l’État mexicain- pour mettre en exploitation les nouveaux gisements en eau profonde qui doivent prendre en partie le relais des gisements déclinants.
Canada : la production est en forte croissance grâce à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta qui fait plus que compenser le déclin des gisements de pétrole conventionnel. Le scénario moyen prévoit une production de 3,5 millions de tonnes en 2010, 4 en 2015, 4,5 en 2020 et 4,5 en 2030 (respectivement 2, 3,5 et 4 pour les sables bitumineux). Les variantes de ce scénario ajoutent ou enlèvent 1 million de barils/jour à partir de 2020. La capacité de production est limitée par la nécessité de disposer de beaucoup d’énergie pour transformer les sables bitumineux et de limiter les atteintes à l’environnement. Compte tenu des énormes réserves de sables bitumineux (180 milliards de barils à ce jour), le pic du pétrole se situe à une échéance lointaine non définie.
Vénézuela : le pays dispose d’un énorme potentiel de production grâce aux gisements de pétroles extra-lourds. Mais la situation intérieure ne permet pas de développer ces gisements qui demandent énormément de capitaux et une forte expertise technique (américaine).
Norvège : la production décline régulièrement.
Nigéria : en 2008 le pays dispose d’un gros potentiel de croissance qui ne peut se concrétiser à cause des désordres intérieurs.
Irak : l’Irak dispose des troisièmes réserves mondiales de pétrole, mais sa production n’arrive pas à progresser à cause du conflit en cours.
Angola : le pays a adhéré à l’OPEP en 2008 et dispose d’un quota de 2 millions de barils/jour qu’il devrait pouvoir maintenir jusqu’à 2016 grâce à la mise en production de gisements en offshore profond dans les années à venir. Une partie des gisements se situe sur le territoire de Cabinda : des mouvements armés réclament l’indépendance de cette région, séparée du territoire principal par le Zaïre, depuis l’indépendance de l’Angola.
Brésil : la production du Brésil devrait fortement augmenter dans les années à venir grâce à des gisements situés en offshore profond.
Kazakhstan : production en croissance rapide mais des gisements difficiles à exploiter (présence de soufre,…) occasionnent des retards.
Azerbaïdjan : la production de ces deux anciennes républiques devrait croître fortement dans les années qui viennent.
Argentine, Égypte, Équateur, Malaisie, Colombie : la production de tous ces pays décline.

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