Plus de pétrole pour le marché intérieur de l’Arabie Saoudite, c’est moins de pétrole à l’export

L’Arabie Saoudite va consommer pour ses besoins intérieurs 1,2 millions de barils de pétrole pour produire de l’électricité, soit le double du montant qui a été nécessaire en 2010. C’est autant de moins du précieux liquide disponible pour l’exportation. Le noeud coulant du peak oil se nourrira donc aussi des besoins d’or noir réservés au marché intérieur du pays. L’Arabie Saoudite est à la fois le pays qui est le plus richement doté en réserves, et le seul à priori capable à court terme d’augmenter sa production.

C’est ce que prévoyait déjà Robert Hirsch, auteur du premier rapportcommandé officiellement par le gouvernement U.S. en 2005 pour évaluer le risque et la réalité du pic pétrolier.

C’était lors d’une interview avec David Strahan que Robert Hirsch avait déjà envisagé ce glissement des besoins.

“Les pays devraient réellement considérer leur propre bien-être, ce qui signifie qu’un grand nombre d’entre eux peuvent décider de réduire leurs exportations pour leurs propres intérêts, et cela signifie que le pic pourrait survenir plus tôt que prévu et être beaucoup plus brusque. Dans un cas comme celui-là, le taux de baisse de l’approvisionnement serait à mon avis beaucoup plus élevé que ce qui résulterait d’un calcul portant uniquement sur les facteurs géologiques”.

Une solution serait alors d’utiliser les énormes ressources de gaz naturel pour répondre aux besoins d’énergie domestique du pays. La compagnie pétrolière nationale, la Saudi Aramco envisage d’ailleurs d’augmenter sa production de gaz naturel de plus de 50 % pour 2015. Le champ offshore de gaz naturel de Karan est opérationnel après quatre années de développement.

Le problème est que la production globale du pays qui pourrait être utilisée à des fins intérieures est limitée à 45 % du fait de la production liée à l’OPEP, et que seulement 25 % de ce quota pourrait être récupérée, car le reste contient trop de souffre et est donc peu apprécié des marchés.

Ce qui fait que la société Jadwa Investissement déclare dans un rapport : “La consommation intérieure du pays, en particulier du pétrole, à des prix très bon marché, est susceptible de continuer à augmenter rapidement, réduisant fortement la quantité de pétrole disponible pour l’exportation”.

Jadwa Investment Compagny, basée principalement à Riyad en Arabie Saoudite fonctionne de manière conforme à la charia, et est à priori peu suspecte de collusion avec l’administration U.S., comme cela a été le cas dans le passé avec Bush père and Co et le royaume saoudien, proximité occulte à laquelle le monde était lié sans le savoir.

Philippe Aubert

Source :

Peak oil .com

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