Philippines : un biocarburant à base de nénuphar.

Philippines rivièreManille : 18 novembre. Les jacinthes d’eau permettront bientôt aux habitants des cités lacustres des Philippines de disposer d’un carburant d’origine végétale.
C’est une découverte locale qui permettra l’exploitation des nénuphars indésirables sur les rives de la Laguna de Bay (une des plus grandes étendues d’eau douce d’Asie du Sud-Est). La technique consiste à recycler les déchets biologiques pour en faire du charbon vert. Un carburant solide et compact, qui ne nuit pas à l’environnement et qui constitue une bonne alternative aux hydrocarbures, pour la cuisine, les engrais verts ou simplement comme source alternative de carburant .
Mapecon Green Charcoal Philippines, la société de Gonzalo Catan qui est l’ inventeur de la découverte, bénéficie du soutien du Ministère de l’ Environnement et des Ressources Naturelles et des autorités locales des municipalités de la Laguna de Bay. La municipalité de Cardona, dans la province de Rizal, compte notamment parmi les partenaires communautaires de Mapecon. Cardona se compose de huit villages insulaires, situés au cœur même de la Laguna de Bay.

Un double intérêt dans l’utilisation des nénuphars.

Les plants sont très épais, ils poussent jusqu’ à la hauteur de la taille, et ils sont très lourds. Les plantes occupent les rives de Cardona surtout d’ avril à mai lorsque le vent change, il est impossible de passer au travers. Ils s’ étendent peut-être sur 100 hectares de rive. Et le fait qu’ils poussent haut et épais, rend la navigation difficile. Le projet de Gonzalo Catan est donc doublement utile dans la mesure où il permettra aux habitants des zones lacustres de voir disparaître ces plantes indésirables.

Une politique déjà prise en faveur des biocarburants.

Le gouvernement avait commencé dès le début de l’année 2007 à mettre en application une loi incitant à utiliser des combustibles organiques, la première législation de la sorte en Asie. La loi exige un minimum de combustibles organiques dans tous les carburants des véhicules. Le seuil exigible était de 1 % en 2007, pour arriver à 5 % en 2009.
Les matières premières traditionnellement utilisées dans cette partie du monde sont la noix de coco pour le biodiesel et la canne à sucre pour le bioéthanol.
Il importe d’être néanmoins extrêmement vigilant sur les effets induits pour l’alimentation humaine, car les récoltes visées pour la production de combustibles sont également utilisées par la population pour se nourrir.
D’autant que le pays a durement été touché par la crise alimentaire du premier semestre 2008, notamment pour la production de riz.

C’est tout l’intérêt de la découverte de Gonzalo Catan que d’utiliser des végétaux impropres à la consommation humaine ou animale.

Pour 2009, la demande du pays en matière de bioéthanol pourrait atteindre 300 millions de litres par jour, et 600 millions en 2011. En raison de cette croissance, le pays aurait besoin de 15 à 20 installations de transformations.

Sources :

mapecon.com

irin

manila times

radio France internationale

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