“Nous sommes en face de tendances lourdes d’augmentation des coûts de l’énergie”

François Fillon a déclaré : “Nous somme en face de tendances lourdes d’augmentation des coûts de l’énergie…Nous avons en 2009, atteint le pic de production en matière de pétrole (1). La production maintenant ne peux que décroître”.Voilà une partie du discours du premier ministre lors de la séance du 5 avril à l’Assemblée Nationale.

La déclaration est historique en ce sens où c’est la première fois qu’un chef de gouvernement Français déclare publiquement, cinq mois après la parution du rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), plus de dix ans après le premier article de Colin Campbell et Jean Laherrère qui annonçait la fin du pétrole bon marché, que nous sommes officiellement rentrés dans le déclin de la production de pétrole.

 

http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/tarifs-de-l-energie-nous-avons-choisi-de-ne-pas-handicaper-les-capacites-des-consom

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A notre connaissance, après la Nouvelle-Zélande qui reconnaissait officiellement la réalité du pic pétrolier, c’est donc la France le second pays à lui emboîter le pas dans le choix de la transparence, non pas à l’aide d’un simple rapport, mais par la voix du plus haut membre du gouvernement, lors d’un discours devant les députés.

Les autres initiatives des gouvernement étrangers dans cette affaire de pic de production étaient alors parés du sceau du secret. Que ce soit les Etats-Unis avec le rapport 2009 de l’AIE, l’Allemagne avec les révélations de Spiegelonline, ou les inquiétudes de la Grande-Bretagne.

Reconnaître le fait, c’est aussi reconnaître que la “tendance lourde” s’imposera à tous et que l’on peut juste essayer de limiter la casse.
Il a y a eu néanmoins des mesures concrètes :

  • La hausse de l’électricité limitée à 2,9 % en juillet au lieu des 5 % prévus initialement.
  • La suspension de l’augmentation du gaz de 7,5 % pendant un an.
  • Principe d’une aide aux professionnels du transport sans en préciser encore les modalités.

Mais ces mesures, ou d’autres qui viendront par la suite ne changeront pas le problème de fond d’augmentation bien sûr du pétrole, mais aussi du gaz dans la mesure où il est indexé sur le précieux liquide.

Et comme l’or noir est présent dans des milliers d’articles de la vie quotidienne, toute la chaîne de production d’objets issus du pétrole sera impactée par l’augmentation des coûts.

Reconnaître le problème du déclin est aussi une manière de ne pas  être dupe des beaux graphiques de l’AIE (voir deuxième partie de l’article) qui prévoient que les champs restant à découvrir, et ceux restant à développer, conjugués à l’efficacité énergétique pour cause de problème climatique, pourraient permettre de naviguer encore tranquillement dans les eaux d’un modèle énergétique serein, en évitant les gros problèmes.

Depuis plus de dix ans, dans cette “Genèse de la crise pétrolière”, il y a donc pour l’instant quatre dates particulièrement marquantes :

  1. L’article d’anthologie en 1998 de Colin Campbell et Jean Laherrère qui annonçait la fin du pétrole bon marché (cité plus haut). C’était en quelque sorte le début de l’histoire avec la création de l’ASPO en 2000 qui allait oeuvrer inlassablement pour sensibiliser le public à ce phénomène.
  2. L’interview en 2008 de Fatih Birol, le chef économiste de l’AIE qui reconnaissait la notion de pic de production de pétrole, même s’il le datait à l’époque en 2020.
  3. Le pic pétrolier (plafond historique de brut conventionnel) à la fois daté en 2006 et enfin reconnu par l’AIE (cité plus haut) lors de son dernier rapport annuel en novembre 2010.
  4. A l’échelon national, la présente déclaration de François Fillon.

L’Histoire de la crise pétrolière ne fait que commencer.

(1) La date précise est sujette à caution, mais peu importe, on est entré dans la zone rouge, c’est reconnu officiellement, et c’est bien là l’essentiel.

Source : Oil Man
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