Dans quelques mois, nous ferons le grand saut vers 2010 et nous pourrons alors connaître les joies d’un inopiné paradoxe : la reprise ardemment souhaitée qui nous rapproche du choc pétrolier du fait de l’offre insuffisante par rapport à la demande.
Un choc pétrolier signifiant l’augmentation incontrôlée du prix du pétrole, alors que la corrélation entre le prix du Brent et l’économie n’est plus à démontrer.
Or, de Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times (1) qui affirme que « ce qui émerge de la crise est un système encore pire que celui qui l’avait provoqué », à Joseph Stiglitz (2), prix Nobel d’économie qui pense que le replâtrage bancaire « est un échec » (concernant la concentration des banques), force est de constater que rien n’a changé en mieux sous le soleil bancaire.
En marge de l’échauffement généralisé pour renflouer le système post crisis, nous avons eu régulièrement depuis le revirement spectaculaire de l’Agence Internationale de l’Energie annonçant le 15 décembre 2008 un pic pétrolier vers 2020, plusieurs avertissements concernant la production de pétrole à venir.
Il ne reste donc qu’à prendre un pic pétrolier non anticipé, une production de pétrole qui n’arrivera pas à fournir ce qu’on lui demande, un système financier à la merci d’un nouveau krach, à bien secouer le tout, pour obtenir les éléments d’un grand chambardement.
Et le monde ne pourra pas mettre à chaque fois 2 000 milliards de dollars sur la table pour endiguer un séisme financier.
Il va bien falloir admettre que la transition énergétique devra se faire dans une économie atrophiée.
Tous les scénarios sont possibles en fonction des régions, des pays, des cultures, et bien sûr des capacités d’adaptation.
De la simple récession à l’effondrement économique, en passant par la récession ou le chaos.
Ce qui veut dire que tous les plans à 10 ou 20 ans, tirés à partir de l’économie actuelle sont faux, pour la place qu’on leur attribue au plan budgétaire.
L’effort en proportion devra être beaucoup plus important.
(1) Le Monde 1/9/2009
(2) Challenges n° 117 27/8/2009
