Pourquoi ?

Pourquoi parler de crise du pétrole aujourd’hui?

Nous avons toujours connu le pétrole en tant que produit surabondant et bon marché.
Or, il apparaît de plus en plus que cette époque qui aura duré plus d’un siècle se termine
(voir “Genèse de la crise pétrolière“).

Ce phénomène s’appelle le pic pétrolier ou peak oil en anglais.
Ce peak oil provoquera une crise qui naîtra de l’offre insuffisante par rapport à la demande et qui portera les prix à un niveau, et à une possible variation des cours, insoupçonnés aujourd’hui.

Le pic pétrolier désigne le moment où la production de pétrole d’un champ, d’une région ou d’un pays atteint un maximum pour décliner inexorablement ensuite.

pic pétrolier

Le phénomène a été maintes fois observé dans un certain nombre de régions du monde, notamment aux Etats-Unis qui ont atteint leur pic en 1970.
Aujourd’hui, plus de 50 pays ont atteint leur pic.
Le pétrole étant une ressource limitée, avec un renouvellement qui demande des millions d’années, on peut légitimement se poser la question du moment où adviendra le pic à l’échelle du monde.

Le pic pétrolier en bref

Pour résumer la situation, les quelques éléments ci-dessous donnent à réfléchir et éviteront que la problématique de la production de pétrole donne l’impression d’une simple pause technique sans autres conséquences.

Ce qui se produit au niveau d’un champ pétrolifère donné peut se produire à l’échelle du monde, et se produira inéluctablement à plus ou moins brève échéance.
Pour certains, le pic est déjà derrière nous.

En effet, les faits dénombrés ci-dessous sont là et ne sont pas contestables :

1 On consomme aujourd’hui 7 barils pour 1 découvert

Nous consommons environ 30 milliards de barils par an, pour 4 milliards de découverts (2005).

2 Le pic de découverte, c’est-à-dire le moment où le nombre de découvertes a culminé pour ensuite baisser inexorablement d’année en année remonte à 1965.

Et ce, quels que soient les progrès technologiques effectués depuis.

Les dernières découvertes de champs “géants” – les seuls qui comptent vraiment – concernent :

– Les côtes brésiliennes : pour 33 milliards de barils, soit un peu plus d’une année 2007 de production.
Le pétrole est enfoui sous une couche de sel de 800 m d’épaisseur, le tout entre 3 000 et 4 000 m de fond.
C’est ce qu’on appelle de l’offshore profond, difficile à extraire.
En outre, il faut tenir compte de l’écart entre la découverte et la réelle mise en production. Dans le cadre de ce type de champs, le délai peut-être de 10 à 15 ans.

– L ‘Arctique : pour 90 milliards de barils (hors gaz), soit 3 années de production.
Les mêmes réserves concernant les délais d’une exploitation effective se posent. Avec en plus les conditions climatiques, qui rendent les conditions de production particulièrement laborieuses.

Le pic des découvertes de pétrole

3 La production du seul pétrole “conventionnel” stagne depuis 2006.

Le terme “pétrole” est un terme générique qui englobe tous les liquides : biocarburants, pétroles non conventionnels (huiles extra-lourdes, sables asphaltiques, schistes bitumineux) et les liquides issus de gaz naturels.

Ce qui nous intéresse ici, c’est le seul pic pétrolier -plafond historique de production- du pétrole brut.

Production pétrole brut juillet 2010

4 L’argument qui consiste à se rassurer en se disant qu’il reste toujours 40 ans de réserves, comme dans les années 70 ne tient pas.

5 Il n’est pas contestable non plus que de très nombreux pays ont déjà dépassé leur pic de production (plus de 50). Si on sait que le phénomène est irréversible à l’échelle d’une région ou d’un pays, il est logique de penser que la même situation peut s’appliquer à la production mondiale.

6 Concernant le pétrole arctique, c’est-à-dire celui situé plus particulièrement au nord-est du Groenland :

groënland

a) Il a déjà été pris en compte dans les simulations de Colin Campbell.

b) Les réserves seraient égales au tiers du pétrole extrait à ce jour de la Mer du Nord. Les estimations les plus récentes les chiffrent à 90 milliards de barils, soit environ 4 années de production. Ce qui est toujours bon à prendre mais ne changera pas la face du monde.

c) Toujours selon l’article de ce quotidien, « l’extraction n’aura peut-être pas lieu avant dix ans ».
Donc, au mieux, on peut penser que les découvertes de cette nature, celle-là et d’autres, ralentiront le rythme du déclin, mais ne changeront pas fondamentalement les choses.

Enfin et de toutes façons, la combustion du pétrole et de ses dérivés pose un problème de pollution.

Cette formule de « pic pétrolier » a été inventée de toutes pièces par les fondateurs de l’ASPO qui ont créé une association afin d’étudier le phénomène.

Mais la notion de pic peut générer un malentendu, dans la mesure où s’il s’agit d’un pic à l’échelle géologique, il peut davantage signifier dans la réalité un plateau au sens où la production va d’abord plafonner durant quelques années pour décliner ensuite.

Vous pouvez lire aussi la rubrique sur le pic pétrolier de Wikipédia pour compléter vos connaissances sur le sujet.

L’ASPO

En 2000, l’Association pour l’étude des pics de production de pétrole et du gaz naturel (ASPO) a été créée à l’initiative de géologues à la retraite, libres de parler car délivrés de tout devoir de réserve, comme Colin Campbell et Jean Laherrère.

L’association poursuit 3 objectifs :
– Informer sur les ressources mondiales de pétrole et de gaz.
– Expliquer la réalité du phénomène d’ épuisement des ressources.
– Etudier l’épuisement des ressources en hydrocarbures, en tenant compte de la demande en énergie ainsi que ses aspects technologiques, économiques, sociaux et politiques.
L’association est présente aujourd’hui pour plus de 30 pays, et est composée d’une vingtaine de membres ayant fait l’objet d’une sélection rigoureuse, parmi d’anciens cadres de l’industrie pétrolière, des scientifiques, ingénieurs et autres universitaires.
L’expression de « pic pétrolier » est maintenant reprise dans les médias, notamment depuis 2008 en raison de la flambée du prix du baril.
En effet, la stagnation de l’offre de 2006 à 2008 est une première dans l’histoire du pétrole et justifie les interrogations, si ce ne sont les mises en garde de l’association sur le maximum de production.

Pour consulter la base documentaire de l’ ASPO, cliquez ici.

7 réponses à Pourquoi ?

  1. Je vous invite à lire :
    http://www.transition-energie.com/genese-crise-petroliere/

    Vous pouvez lire également :
    http://www.transition-energie.com/laie-salarme-de-la-hausse-du-petrole/

    Merci de votre intérêt pour Transition-Energie

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