Le plan B est la proposition de l’américain Lester Brown, d’un nouveau modèle énergétique dans un délai court : 2020.
Nous sommes en train de vivre la 3° transition énergétique de notre histoire, après la période bois-charbon du XIX°, et le passage charbon-pétrole du XX°.
Face à la double contrainte du pic de production de pétrole et du réchauffement climatique, le plan B vise à réduire de 80 % les gaz à effet de serre d’ici 2020.
Une mobilisation de temps de guerre.
Afin d’atteindre les objectifs annoncés, Lester Brown invoque expressément une mobilisation exceptionnelle, analogue au niveau mondial, à ce que fut l’entrée en guerre des Etats-Unis lors de la deuxième guerre de 39-45.
L’industrie automobile à cette époque, ayant été totalement reconvertie afin de fabriquer des armements, si bien que pratiquement aucune voiture ne fut fabriquée de 1942 à 44.
La mobilisation politique n’a donc d’égal que la pression du facteur temps en regard des enjeux : réchauffement climatique, pic de production, récession ou dépression de l’économie.
Les moyens utilisés : efficacité énergétique et énergies renouvelables pour l’essentiel.
L’efficacité énergétique est le premier effet de levier.
La marge de progression est énorme, 5 domaines sont repertoriés :
- Les batîments et le secteur de la construction
- L’éclairage
- Les appareils électroménagers
- L’industrie
- Les transports
Selon le plan B, la mise en place de ces mesures d’économie d’énergie est bien plus efficace que l’ accroissement de la production. « Elle pourrait permettre une réduction de 6 % de la consommation d’énergie en 2020, au lieu des 30 % pronostiqués par l’Agence Internationale de l’Energie (IAE) ».
Au niveau de l’Europe, l’objectif affiché est toujours les “trois 20″ en 2020 : 20 % d’économies d’énergie, 20 % d’énergies renouvelables, 20 % de réduction des gaz à effet de serre.
Source : Plan B
Lester Brown va donc beaucoup plus loin avec 80 %.
Ce qui correspond quand même à la réalité des besoins de réduction de gaz à effet de serre. Les objectifs de réduction annoncés ici ou là, et largement inférieurs, étant largement contraints par le souci de préserver le modèle économique.
Lester Brown préfère passer outre, jugeant que les impératifs prioritaires sont d’abord et avant tout la préservation du climat.
Les énergies renouvelables constituent la deuxième partie du plan.
Trois grands moyens fonctionnent déjà, et sont simplement à développer.
L’énergie éolienne.
Elle constitue la pièce maitresse du plan. Il est prévu un programme de mise en exploitation de 3 millions de MW d’ici 2020.
C’est déjà un des éco-indicateurs du Earth Policy Institute, comme indices alternatifs aux chiffres classiques (PIB), qui mesure la progression des capacités de production, dans le domaine de l’éolien, comme du photovoltaïque.
(D’autres normes sont actuellement à l’étude.)
Le cap des 100 000 MW de production a été franchi en 2008.
Les Etats-Unis viennent de passer devant l’Allemagne. Suivent l’Espagne, l’Inde, la Chine et leDanemark.
Le solaire.
Avec une augmentation de 40 % par an des capacités installées dans le monde, l’énergie photovoltaïque complète le dispositif avec 1 190 GW prévus pour 2020.
Le projet d’avoir recours au potentiel solaire du Sahara afin d’alimenter l’Europe par un réseau sous-marin est notamment évoqué.
La géothermie.
Le potentiel de cette source d’énergie est largement moins connu que les deux précédentes. Il n’empêche que les « 10 kilomètres supérieurs de la croûte terrestre contiennent 50 000 fois plus d’énergie sous forme de chaleur que l’ensemble des réserves de pétrole et de gaz mondiales combinées ».
Pour compléter le bouquet énergétique.
Lester Brown ne fait pas état de l’hydrogène, et encore moins de la surgénération. Le nucléaire ne faisant pas partie du programme, ne serait-ce que par l’aspect du coût global (traitement des déchets, démantèlement, etc…) qui ne serait tout simplement pas rentable en comparaison des énergies renouvelables.
C’est l’hydroélectricité et la biomasse qui ferment la marche du bouquet énergétique proposé.
Le plan B estime qu’un passage de 850 à 1 350 gigawatts est envisageable à la date de 2020.
La part de la biomasse devant atteindre 200 gigawatts.
(En France, le bois-énergie est encore le premier secteur d’énergie renouvelable pour l’énergie produite (2)).
Le dernier volet du plan étant la taxe carbone.
L’idée défendue également par Jean-Marc Jancovici en France, est d’utiliser l’arme de la fiscalité afin de faire pression sur les utilisateurs de combustibles carbonés (charbon, pétrole).
L’enjeu du plan B.
Lester Brown nous dit qu’aucune des marges d’action ne dépend de l’émergence de nouvelles technologies.
On peut en conclure que le fait de trop miser dans les recherches sur l’hydrogène, la pile à combustible, etc…ne sont peut-être que des leurres, et des pistes qui en définitive, nous font perdre du temps.
Le risque étant de s’engager dans des voies qui demanderont énormément d’investissements sur le long-terme.
Le danger est peut-être de se retrouver dans des chemins sans issues avec des recherches non abouties, et plus suffisamment de moyens financiers pour poursuivre le développement de solutions qui étaient auparavant immédiatement opérationnelles, dans le cadre d’une économie qui s’est délitée au fil du temps.
Les secteurs innovants, en devenir, peuvent donc faire l’objet de recherches, mais dès lors qu’ils sont considérés comme non prioritaires, et qu’ils passent en seconde position.
Tout est donc possible, ici et maintenant. La solution de la transition serait donc plus politique que technologique.
La réserve du plan B concerne néanmoins l’éolien qui est une source parmi d’autres. La vision comptable de l’éolien dominant, ne résiste pas forcément à l’épreuve de la réalité des chiffres: puissance limitée des unités, et encombrement visuel, si ce n’est sonore.
Le plan B a néanmoins le mérite d’exister, et son intérêt est qu’elle repose sur des techniques immédiatement exploitables.
Source :
Plan B de Lester R. Brown.
Alernative Planétaire
(1) Le plan B de Lester R.Brown éd. Hachette
Préface de Nicolas Hulot.
(2) ATEE biomasse

Ping : L’autopartage… entre particuliers avec Livop | Transition-Energie.com
Ping : Ce sont près de 600 éoliennes offshore qui seront installées au large des côtes du grand Ouest |