Transition énergétique

La transition énergétique constitue le passage d’une économie fondée en large partie sur un pétrole bon marché, à un camaïeu énergétique dont l’architecture organisationnelle reste à inventer.

L’efficacité énergétique

Mais le premier gisement d’énergie jamais imaginé pourrait très bien résider dans une meilleure efficacité de la chaîne de production et du mode de consommation.

Selon le scénario Négawatt, il serait possible de réduire de moitié la consommation mondiale à l’horizon 2050.

Scénario Négawatt efficacité énergétique

Pour autant, les habitudes de production et de consommation ont toujours été tirées à la hausse, exception faite de la période qui a suivi le premier choc pétrolier de 1973, où la demande a connu un fort fléchissement qui n’a retrouvé son niveau initial que 14 ans plus tard.

Il y a aussi des exemples très positifs, comme le Portugal qui tire maintenant 45 % de son électricité à partir de sources renouvelables, la Finlande qui a été le premier pays à transformer son modèle énergétique après le premier choc pétrolier. Ou la Suède qui s’est carrément fixé comme objectif de se passer de pétrole en 2020 (on verra à cette date, les résultats obtenus…), mais il ne faut quand même pas occulter l’ensemble des pays.

Car la transition énergétique ne consiste pas seulement en un simple ajout de technologies, dont certaines existent déjà depuis très longtemps (pile à combustible), mais de changements qui vont affecter de façon importante la bonne marche de nos sociétés, selon la manière mais aussi le rythme des progrès engagés.

Les impératifs concrets de la transition énergétique

1 La faisabilité technique qui ne peut être validée qu’après une phase d’expérimentation, dans certains cas elle peut prendre plusieurs dizaines d’années (surgénération qui date des années 1940).
2 La viabilité commerciale qui dépendra de la rentabilité de la filière.
3 Une énergie dont l’origine renouvelable est à privilégier, ou dont l’épuisement des réserves reste très éloigné dans le temps (200 ans de charbon propre avec captage CO2), ce qui sécurise d’autant les approvisionnements.
4 L’ordre de grandeur qui définit si la technique peut répondre quantitativement aux besoins de la population (infrastructures comprises : réseau recharge véhicules électriques par exemple…)
5 La date de mise en service dans la mesure où, sur un certain nombre de techniques, on prévoit une fin d’expérimentation dans 20 ou 30 ans (certaines applications de l’hydrogène).
6 Le facteur temps dont il faut impérativement tenir compte. En effet, on voit déjà les effets de la stagnation de l’offre sur l’augmentation du prix du baril qui a eu lieu au premier semestre 2008, on imagine donc sans peine les effets d’une baisse de la production sur : la hausse du prix du brut, l’économie en général, et les dégâts sociaux qui en découleraient.
Selon la loi de Mac Namara, évoquée par Jean Laherrère, les prévisions de coût et de délais sont toujours largement dépassées (exploitation pétrole mer du Nord, construction Eurotunnel, etc.).
Les perspectives lointaines d’un certain nombre de techniques rendent donc douteuses les prévisions de coûts et de dates, surtout dans le cas d’une économie atrophiée.
On pourrait même ajouter que l’incertitude croît en fonction de l’éloignement prévisionnel de la mise en exploitation.
7 La capacité d’innovation et de créativité, car si l’on veut être tout à fait objectif, il ne faut pas non plus occulter cette réalité. La première usine au monde de fabrication de biocarburants à base d’algues en est un bon exemple.

Dans l’hypothèse plus que probable d’un accroissement des difficultés économiques, il y a différentes possibilités :

a) Abandon pur et simple de la technique et de l’expérimentation en cours, très probablement sans démantèlement.
b) Concentration des moyens financiers consacrés en priorité à la finalisation des techniques, se faisant au détriment de la population (réduction des services publics, de subventions diverses, etc.).
c) Mise en service dans l’urgence, où l’expérimentation sera en quelque sorte testée en direct.

Il est donc impératif de donner à un tel enjeu des moyens massifs. Et concernant le temps, une durée de 30 ans paraît un ordre de grandeur acceptable, dimension reprise notamment dans l’étude de Bernard Rogeaux et Yves Bamberger.

Ce qui conduit à évoquer la période 2010-2040 comme étant d’une importance déterminante.

Et enfin, si tant est que nous arrivions à assurer la transition énergétique dont nous avons besoin, il faudra également penser à la maintenance et au renouvellement des appareils.

Pour résumer :

Ce qui fonctionne maintenant :

  • Efficacité énergétique (économies, éco-construction)
  • Hydroélectricité
  • Solaire  : photovoltaïque et thermique
  • Eolien : terrestre et off-shore
  • Biocarburants (bilan contesté 1° génération)
  • Biomassse : bois, résidus, déchets
  • Géothermie
  • Cogénération : peut produire simultanément électricité et chaleur
  • Nucléaire: U235 ou EPR
  • Voiture : hybride ou électrique

Ce qui est en cours d’expérimentation, et dont on espère
que cela fonctionnera demain (jusqu’ en 2040 dans certains cas)

  • Biocarburant 2° génération : filière ligno-cellulosique
  • Biocarburant à base d’algues (potentiel très important, mais transformation complexe).
  • Pile à combustible (pour l’aspect industriel)
  • Hydrogène embarqué : voiture, bus, bateau, avion
  • Captage C02 des combustibles fossiles
  • Surgénération : U238
  • Hydrolienne, etc.

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