L’énergie éolienne est l’énergie du vent. Plus spécifiquement, l’énergie est tirée du vent au moyen d’un dispositif aérogénérateur comme une éolienne ou un moulin à vent.
L’énergie éolienne peut être utilisée de deux manières :
- Conservation de l’énergie mécanique : le vent est utilisé pour faire avancer un véhicule (navire à voile ou char à voile), pour pomper de l’eau ( éoliennes de pompage pour irriguer ou abreuver le bétail) ou pour faire tourner la meule d’un moulin.
- Transformation en énergie électrique : l’éolienne est couplée à un générateur électrique pour fabriquer du courant continu ou alternatif. Le générateur est relié à un réseau électrique ou bien fonctionne de manière autonome avec un générateur d’appoint (par exemple un groupe électrogène) et/ou un parc de batteries ou un autre dispositif de stockage d’énergie.
La puissance d’un outil de production d’électricité se mesure en GW (gigawatt) et son multiple par 1000, en TW (térawatt). La production d’électricité se mesure en GWh (gigawattheure) et en TWh (térawattheure).
Quelques ordres de grandeur
- L’énergie éolienne est une forme indirecte de l’énergie solaire, comme toutes les énergies renouvelables (exceptées les énergies géothermique et marémotrice). Or, la Terre reçoit en 30 minutes l’équivalent en énergie solaire de la consommation annuelle de l’humanité, tous types d’énergies confondus. 1 à 2 % de cette énergie provenant du soleil est convertie en vent, ce qui représente 50 à 100 fois plus que l’énergie convertie en biomasse par la photosynthèse.
Une éolienne de 2 MW fonctionnant à pleine puissance pendant 1/4 de l’année produit 4 à 5 millions de kWh, soit l’électricité consommée par 4 000 personnes en moyenne (hors chauffage).
- En 2007, la France a une capacité de 2,4 GW de puissance éolienne installée, uniquement à terre (il n’y a pas encore de champs offshore) et occupe le troisième rang européen. L’Allemagne dispose de 22,3 GW, les États-Unis 16,8 GW, l’Espagne 15,1 GW, l’Inde 8 GW et la Chine 6,1 GW4.
- En France, le potentiel éolien est très important (le 2e d’Europe selon le cabinet d’études Espace Éolien Développement, filiale de Poweo) : 20 GW terrestres pour une production de 50 TWh par an, et 40 GW offshore pour une production de 150 TWh par an,soit un potentiel éolien théoriquement exploitable de 200 TWh par an. S’il était disponible en 2040, il représenterait alors 31 % de la consommation française prévisible d’électricité. Cette production de 200 TWh/an se répartirait ainsi : 8000 éoliennes offshore de 5 MW sur 40 grandes centrales installées entre 15 et 40 km de la côte, à des profondeurs maximales d’eau de 200 m ; 8000 éoliennes terrestres de 3 MW, soit moins du quart du nombre de pylônes très haute tension (400 kV) installés en France (qui mesurent 50 à 55 m de haut – et jusqu’à 100 m dans les zones vallonnées, contre 70 à 100 m pour les mâts des grandes éoliennes).
Comparatif d’installations productrices d’électricité
(chiffres de 2006).
- Un aérogénérateur : de quelques kW jusqu’à 5 MW (la plupart des grandes éoliennes installées aujourd’hui en France ont une puissance de 1 à 3 MW).
- Une centrale solaire photovoltaïque : de quelques centaines de watts à 20 MW (record 20 MW : centrale solaire de Beneixama en Espagne).
- Une centrale solaire thermodynamique : de 2 à 350 MW (record : 354 MW avec la centrale de Luz Solar Energy dans le désert de Mojave en Californie , États-Unis).
- Une centrale hydro-électrique : de quelques kW à 3 000 MW (record : 32 turbines de 700 MW soit 22 400 MW au Barrage des Trois-Gorges en Chine).
- Un réacteur nucléaire : de l’ordre de 900 à 1 300 MW en général (record : 1 550 MW à la centrale nucléaire de Civaux au sud de Poitiers) .
Toutefois la comparaison de puissance entre des techniques de production d’électricité aussi différentes que le nucléaire, le solaire ou l’éolien n’apporte que des informations limitées puisqu’à puissance égale leurs productions d’électricité annuelles sont fortement différentes.
Une tranche nucléaire de 1 000 MW de puissance électrique peut délivrer, en l’absence d’incident et dans le cadre d’un fonctionnement en base, environ 8 000 000 MWh par an. Les centrales nucléaires fonctionnant en base atteignent des facteurs de charge supérieurs à 95 %. En France, les centrales nucléaires font du suivi de charge (la puissance délivrée s’adapte aux fluctuations de la demande du réseau) et ont des facteurs de charge de l’ordre de 80 %, correspondant à une production annuelle de 7 000 000 MWh.
Le chiffre retenu pour l’éolien européen installé est de 2 000 MWh de production annuelle par MW de puissance installée, soit un facteur de charge d’environ 23 % (fonctionnement de 2 000 heures d’équivalent plein régime par an).
Le solaire photovoltaïque produit entre 1 000 et 1 200 MWh par MW de puissance installée en France. Cette production varie en fonction du rendement des installations (celles d’avant l’an 2000 étaient de 10 % alors que les nouvelles font plutôt 15%) et en fonction de l’ensoleillement du lieu. Les chiffres annuels de production solaire photovoltaïque annoncés par différents pays montrent des cas extrêmes : en Allemagne ils sont de 574 MWh par MW, et en Californie de 1 458 MWh par MW.
Utilisation de l’énergie éolienne en site isolé
L’énergie éolienne est aussi utilisée pour fournir de l’énergie à des sites isolés, par exemple pour produire de l’électricité dans les îles, pour le pompage de l’eau dans des champs, ou encore pour alimenter en électricité des voiliers, des phares et des balises. Ces éoliennes de petite puissance sont dites appartenir au petit éolien, par opposition au grand éolien ou à l’éolien industriel.
Quelques initiatives font penser que le petit éolien, c’est à dire l’éolien individuel, pourrait bientôt se développer en devenant compétitif et discret, même en ville.
Energie éolienne dans le réseau électrique français
Le gestionnaire du Réseau Electrique Français (RTE), estime que l’intégration de l’électricité éolienne dans le réseau actuel est possible sans difficultés majeures à hauteur de 10 à 15 GW, en particulier grâce à la présence en France de trois gisements de vent indépendants, qui permettront un lissage de la production bien meilleur qu’en Allemagne ou au Danemark.
Les éoliennes raccordées au réseau électrique sont le plus souvent regroupées dans un parc éolien d’environ 5 à 50 machines, mais il existe aussi des machines isolées. On note également l’existence d’un projet, non encore réalisé, visant à intégrer des éoliennes de type Darrieus dans les pylônes électriques : le projet Wind’It.
RTE (Réseau de Transport d’Électricité), une filiale de EDF, achemine le courant électrique à travers le réseau. Ce courant électrique doit avoir une fréquence de 50 hz (en France comme dans de nombreux pays à travers le monde, voir article : Réseau électrique).
Une éolienne raccordée au réseau se doit donc de fournir cette fréquence, quelle que soit la vitesse du vent. Cette fréquence constante passe par une vitesse de rotation constante des pales. Cette dernière est obtenue par régulation notamment avec l’orientation des pales.
Si la vitesse du vent est trop faible (par exemple moins de 10 km/h), l’éolienne s’arrête en raison des forces de frottement sec qui s’opposent à la rotation de l’hélice. Cette diminution de la vitesse de rotation ne permet plus de fournir cette fréquence. Dans ce cas, l’éolienne n’est donc plus productrice d’électricité, mais pourrait au contraire devenir consommatrice, il est donc nécessaire de la déconnecter.
Si la vitesse du vent est trop forte (supérieure à 100 km/h par exemple), l‘éolienne est mise en sécurité et déconnectée du réseau, ses pales sont mises en drapeau et s’arrêtent pour éviter des sollicitations qui pourraient les briser.
La loi française oblige EDF à acheter le courant produit par les éoliennes ou par tout autre système de production d’électricité. D’autre part, le tarif d’achat de l’énergie éolienne est bonifié (sauf pour les éoliennes de plus de 12 MW), pour favoriser cette jeune filière en plein développement et permettre à la France d’atteindre les objectifs de la directive européenne.
Economie mondiale de l’énergie éolienne.
Des milliers d’éoliennes fonctionnent à l’heure actuelle dans diverses régions du monde, avec une capacité totale de plus de 93 800 MW à fin 2007, et l’Europe y prend part à 65 % (fin 2006). Ne sont pas comptabilisées dans ce total quelques compagnies privées reliées ou non au réseau. Les pays qui s’intéressent au développement de l’éolien sont encore en phase de premier investissement (mise en service de champs d’éoliennes qui n’existaient pas auparavant). De fait, les capacités installées croissent en permanence mais à des rythmes différents selon les pays, et classer les États par puissance installée donne un résultat mouvant d’une année à l’autre. Néanmoins, il ressort des chiffres actuels que les plus grands investisseurs sont les pays occidentaux (Amérique et Europe), mais l’Asie, avec l’Inde et la Chine, commence à tenir un rang important.
Capacité totale installée (MW) et prévisions 1997-2010 :
(source: http://www.wwindea.org/)
- L’Allemagne est le principal producteur d’électricité éolienne avec 22 247 MW de puissance installée à la fin de l’année 2007. Avec plus de 30 000 emplois, cette activité est le troisième poste d’exportation du pays.
- Le Danemark est le plus important fabricant mondial d’éoliennes et compte 500 watts éoliens par habitant (contre 40 en France) en 2008 ( 2 445 MW installé /60 millions d’habitants ==> 40,75 watts de puissance éolienne installé par personne).
- Depuis 2008, les États-Unis ont le deuxième parc mondial d’éoliennes (source : The New York Times, consulté le 23-02-2008), suivis par l’Espagne qui a une puissance installée de 15 145 MW.
- La France était en 2007 le 6e producteur d’énergie éolienne en Europe avec 2 455 MW (WWEA 2006).
À titre de comparaison, la puissance installée en énergie nucléaire est de 21 000 MW en Allemagne, de 63 000 MW en France et de 98 000 MW aux États-Unis (chiffres de 2003)
- Le Maroc produit 140 MW par an (2007) cette production va s’accroitre dans les années à venir. Le Maroc est le premier producteur d’énergie éolienne en Afrique.
Les chiffres ci-dessus doivent être pondérés en tenant compte du facteur de charge, c’est-à-dire de la durée de fonctionnement et de production de l’équipement dans une année. Pour l’éolien, le facteur de charge est d’au plus de 20 %. La plupart des éoliennes terrestres fonctionnent avec un facteur de charge de 25 % par année, exceptionnellement 35 %. Par exemple pour l’Allemagne il n’est que de 16 % en 2005, contre un facteur de charge de plus de 80 % pour une centrale nucléaire.
On peut observer de plus que le facteur de charge diminue avec l’augmentation du parc d’éoliennes, conséquence directe de l’exploitation de sites de moins en moins ventés (hors offshore).
Selon l’Observatoire des Énergies Renouvelables, dans un rapport publié par EDF, l’éolien est actuellement la filière énergétique la plus dynamique dans le monde et plus particulièrement dans l’Union européenne où la production d’électricité éolienne a augmenté de 37,8 % par an en moyenne de 1993 jusqu’en 2002. Cette croissance a atteint 59 % par an sur la même période pour la France, qui était largement en retard dans ce domaine. Selon la même source, pour les années 2003-2004, la croissance dans l’Union Européenne reste soutenue avec un taux de 28,9 % annuel (42,9 % en France) sur ces deux années, et représente désormais 12,4 % de la production d’ENR (énergies renouvelables) de l’UE, en passe de détrôner la production à partir de biomasse (production : 12,9 %, croissance : 10,8 %) comme 2e source électrique d’origine ENR après l’hydraulique (production : 73,3 %, croissance nulle).
De nouvelles fermes éoliennes en mer (éolien offshore) sont envisagées partout dans le monde.
- Le Danemark est l’un des acteurs les plus importants, avec son laboratoire Risø, très renommé ; le pays produit environ 20 % de son électricité avec des éoliennes. Les éoliennes produisent 1 %10 de la production de l’électricité dans le monde. La taille la plus rentable et la plus pratique pour les éoliennes actuellement commercialisées semble être autour de 600 kW à 3 MW, groupées dans de grandes fermes éoliennes. Les nouvelles technologies en cours de développement cherchent à produire des systèmes beaucoup plus souples en terme de “puissance rentable”.
- L’Allemagne, leader mondial dans cette filière, continue depuis 1999 à installer une moyenne de 2 GW de puissance supplémentaire par an.
- L’Espagne, depuis 2002, a adopté le rythme de l’Allemagne et développe sa puissance installée d’environ 2 GW par an également.
- Le Danemark, a quasiment stoppé le développement de ses installations depuis 2003 ; il en est au stade d’une économie de remplacement. La production d’électricité éolienne dans ce pays représente sensiblement 20 % de sa consommation d’électricité. A ce niveau, il n’est pas possible dans l’état actuel des connaissances et des techniques d’aller plus loin à cause de la variabilité imprévisible de la production d’électricité éolienne en injection directe sur le réseau. Ce pays géographiquement totalement plat, n’a pas la possibilité de développer la technique des STEP utilisée en France et qui nécessite des dénivelés ( voir plus loin le paragraphe sur le stockage ), il lui faudra donc trouver une autre forme de stockage de l’énergie que celle là, pourtant au point . Des recherches sont en cours pour stocker une partie de la production sous forme d’hydrogène par exemple. Ces recherches ont pour objectif de pouvoir un jour dépasser cette limite des 20 % (site de recherche Espagnol de Sotavento à Montféra). Les émissions de CO2 par kWh électrique du Danemark sont parmi les plus élevés d’europe, car le reste de l’électricité y est produite par des centrales à hydrocarbure qui fonctionnent à plein régime les jours sans vent.
- En 2007, la capacité éolienne installée aux États-Unis a augmenté de 45 % et 9 milliards de dollars ont été investis dans ce secteur. Les éoliennes fournissent 1 % de l’électricité américaine, soit l’équivalent de 4,5 millions de foyers. Le Texas est devenu en 2006 le premier état producteur d’énergie éolienne du pays, devant la Californie. À la fin 2007, les éoliennes installées au Texas développaient une puissance totale de 4 356 mégawatts, contre 2 439 mégawatts en Californie, et 1 300 mégawatts au Minnesota et en Iowa. Des projets éoliens sont en cours d’étude au Texas : Shell et TXU Corporation prévoient de construire la plus grande ferme éolienne du monde d’une puissance de 3000 mégawatts. En 2008, le milliardaire texan T. Boone Pickens, magnat du pétrole, a commandé auprès de General Electric 667 turbines éoliennes pour deux milliards de dollars.
- La Chine, qui reste en 2005 le 3e plus gros producteur d’énergie électrique derrière les États-Unis (4 239 TWh) et l’Europe (3 193 TWh) avec 2 500 TWh produits (source Agence Internationale de l’Énergie), est devenu le 5e producteur mondial d’énergie éolienne en 2007 derrière l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis et l’Inde. Son objectif est une puissance éolienne installée de 20 GW en 2020, soit une augmentation de plus de 1 GW par an. Cet effort est malgré tout extrêmement modeste en regard de sa production d’électricité qui a augmenté de 860 TWh en 3 ans (1 640 TWh en 2002), essentiellement par une multiplication de centrales au charbon. Ce pays a déclaré récemment (10 février 2007) ne pas avoir les moyens de passer aux énergies propres.
- Le Royaume-Uni qui voit ses ressources pétrolières de la Mer du Nord diminuer rapidement année après année, a décidé d’exploiter au plus tôt son gisement éolien qui est le plus important d’Europe. Plusieurs projets en cours sont les plus importants au monde dans la situation actuelle.
- Au Canada, la production d’électricité par le vent est en augmentation, surtout dans les Prairies et au Québec. Dans cette dernière province, la compagnie d’état Hydro-Québec achète déjà 200 GWh à des producteurs privés de la région gaspésienne. Le gouvernement fédéral a annoncé un programme incitatif qui devrait porter la puissance installée à 10 GW d’ici la fin de 2015 (source ACEE Canadienne).
- En Belgique, les éoliennes ont aussi le vent en poupe ces dernières années. La puissance installée est passée de 170 MW en 2005 à 287 MW en 2007. La production maximale disponible dans le pays est toutefois estimée à environ 2 000 MW. Des parcs offshore devraient apparaître dans les années futures avec notamment un parc de 300 MW au large de Zeebruges.
L’éolien en Europe.
L’UE a décidé de produire 20 % de son électricité en énergie renouvelable, propre et sûre d’ici 2020. Ceci ne peut se faire sans éoliennes offshores, et donc sans établir un réseau électrique interconnecté capable de livrer l’électricité produite avec irrégularité en mer Baltique ou en mer du Nord au reste de l’Europe, ce qui est une des deux priorités annoncées par le commissaire européen à l’énergie Andris Peibalgs fin novembre 2007. Celui-ci a confié une mission de coordination à l’Allemand Goerg Wilhmelm Adamowitsh.
La capacité de production électrique éolienne déployée en Europe a augmenté de 154 % entre 2000 et début 2006, ce qui constitue plus de la moitié des nouvelles capacités de production installées durant cette période.
L’éolien en France.
Selon EDF, parmi les énergies renouvelables, l’éolien a le plus fort potentiel de développement et représentera une part majoritaire dans la production d’énergies renouvelables hors hydraulique. L’éolien apportera ainsi sa contribution à l’indépendance énergétique de la France.
Deuxième gisement éolien d’Europe (ressources en vent) après le Royaume-Uni, la France tente actuellement de combler le retard accumulé dans son exploitation. L’obligation faite à EDF de racheter l’électricité d’origine éolienne à plus du double de son prix de revient et ce, contre l’avis de la Commission de régulation de l’énergie28 rend les investissements éoliens rentables. Les objectifs affichés pour l’éolien sont de 10 000 MW en 2010 (6 000 à 9 000 éoliennes).
L’avenir de l’énergie éolienne
La montée du prix des énergies fossiles a rendu les recherches dans le domaine de l’éolien plus attirantes pour les investisseurs.
La technologie actuellement la plus utilisée pour capter l’énergie éolienne consiste à placer au bout d’un axe horizontal des pales formant une hélice. Certains prototypes utilisent un axe de rotation vertical : une nouvelle technologie à axe vertical est celle du kite wind generator qui, pour capter un vent le plus fort possible, utilise des câbles et des ailes qui peuvent arriver à 800/1 000 m de hauteur.
Le stockage
A grande échelle, un des meilleurs moyens de stocker l’électricité est l’énergie hydroélectrique. Les STEP (stations de transfert d’énergie par pompage) sont constituées d’un bassin inférieur et d’un bassin supérieur (naturels ou artificiels), qui permettent de stocker de l’énergie lors des périodes de basse consommation en pompant du bassin inférieur vers le bassin supérieur, et de la restituer lors des périodes de forte demande en faisant transiter l’eau du bassin supérieur vers le bassin inférieur par une turbine. Les STEP présentent l’intérêt de pouvoir stocker de très grandes quantités d’énergie (jusqu’à plusieurs centaines de GWh), avec un excellent rendement (80 à 85%), et de se mettre en marche très rapidement (en quelques minutes). En France, la plus grande STEP est celle du barrage de Grand’Maison, avec une puissance maximale de 1 800 MW (équivalente à 2 réacteurs nucléaires). La totalité de la puissance des STEP de France est de 6.000 MW ( dont celles de Montezic , La Coche , Revin , Le Cheylas … ).
D’autres pistes existent :
- L’électrolyse de l’eau et la production d’hydrogène.
- Aux États-Unis, une entreprise conçoit de nouvelles éoliennes qui produisent de l’air comprimé au lieu de l’électricité.
- Une entreprise canadienne a mis au point un stockage de grande capacité avec des batteries au vanadium.
On peut utiliser ces grandes capacités de stockage de plusieurs manières :
- En tant que stockage simple. Ce qui consiste à acheter de l’électricité lorsqu’elle est bon marché pour cause de surproduction (la nuit) et la revendre lors des pointes de consommation journalières lorsque le prix de l’électricité est élevé.
- En tant que stockage tampon en complément de la production d’un parc éolien. Lorsque la production éolienne faiblit, les batteries fournissent le complément pour garder la production finale quasi stable. Lorsque la production éolienne est suffisamment forte, il y a recharge des batteries. Ainsi les deux courbes de production éolienne et batteries sont opposées et complémentaires. La somme des deux fournit au réseau une courbe de production “lissée”.
- Pour stocker l’énergie éolienne en site isolé. Ainsi, une communauté qui s’alimentait à 100 % avec un groupe diesel, après l’installation de 2 éoliennes et de batteries de grande capacité, s’alimente maintenant à 86 % en éolien. Le diesel n’assure que le complément de 14 %.
- Ne produire de l’électricité d’origine éolienne avec les batteries qu’aux périodes de pointe de consommation. Réserver l’usage de l’éolien seulement aux périodes de pointe de consommation permettrait de ne pas surdimensionner les sites de production conventionnels qui sont actuellement adaptés aux périodes de pointe de consommation. Ce surdimensionnement engendre un surcoût que l’on pourrait alors éliminer. Ce qui permettrait d’obtenir également pour la production éolienne une bien meilleure rentabilité puisque la quasi-totalité de la production serait vendue aux meilleurs prix. Ce système serait donc gagnant-gagnant.
L’éolien en mer
L’installation de fermes éoliennes en mer est l’une des voies de développement de l’éolien, car elle s’affranchit en grande partie du problème des nuisances esthétiques et de voisinage, d’autre part le vent est beaucoup plus fort et constant qu’à terre. Cette solution permet le développement technique progressif d’éoliennes de très grande puissance.
Ainsi, la production d’électricité éolienne en mer est plus importante qu’à terre à puissance équivalente. On donne couramment comme moyenne 2 500 MWh par MW installé en mer au lieu de 2 000 MWh par MW installé à terre. Dans les zones maritimes géographiquement très favorables à l’éolien, les estimations des études indiquent le potentiel de cas extrêmes de 3 800 MWh par MW installé.
Diverses solutions sont envisagées pour diminuer le coût du kWh produit. Parmi les solutions étudiées, on peut noter :
- La construction d’éoliennes de plus grande puissance, produisant de 5 à 10 MW par unité ;
- La mise au point de systèmes flottants, ancrés, permettant de s’affranchir des coûts des fondations de pylônes à grande profondeur.
- Un concept encore plus innovant est développé par la compagnie norvégienne Norsk Hydro (spécialisée dans l’exploitation pétrolière et gazière offshore) : il consiste à créer des champs d’éoliennes flottantes, par 200 à 700 m de fond. Le principe est d’utiliser un caisson flottant en béton (ancré au fond au moyen de câbles) pour soutenir l’éolienne. Ce projet révolutionnerait l’éolien offshore, car il permettrait de ne plus se soucier de la profondeur, et donc d’installer des champs géants (jusqu’à 1 GW de puissance installée) loin des côtes. Cela permettrait par ailleurs de réduire le prix des champs éoliens offshore, en évitant la construction de coûteuses fondations sous-marines.
Repères
- L’éolien off-shore serait une solution pour réduire le problème d’intermittence du vent, et donc de la production d’électricité.
- Les autres axes de progrès escomptés sont le mix-énergétique (vent, solaire, géothermie) et le progrès du stockage de l’énergie.
- Les pays les plus avancés dans le développement de l’éolien (Allemagne, Danemark, etc.) résolvent les problèmes de l’intermittence avec notamment le thermique mais aussi l’achat d’électricité produite par d’autres pays.
- Les projections du “Scénario énergétique tendanciel à 2030 pour la France – DGEMP-OE(2004) – synthèse des travaux réalisés en 2004 par l’Observatoire de l’énergie de la Direction générale de l’énergie et des matières premières” misent sur un potentiel éolien de 43 TWh en 2030, soit 11 % de la production nucléaire à cette date, avec un potentiel installé de 19 GW en éolien, de 50 GW en nucléaire, pour un total de 144 GW de puissance nette installée.
- Le Danemark a cessé de bâtir des éoliennes depuis 2005, parce que son réseau ne peut supporter l’intermittence de la production éolienne au delà du seuil actuel sans moyen de stockage efficace.
- La Hollande a stoppé toute forme de subvention à l’éolien également.
- Le réseau allemand de transport/distribution d’électricité est au bord de la rupture et doit stopper l’arrivée d’énergie éolienne les jours de grand vent car le problème de l’intermittence du vent n’est pas et ne sera pas résolu par “l’off-shore” car ce dernier est soumis aux mêmes conditions climatiques régionales que le “terrestre”.
- Par jour de vent nominal, l’éolien danois ne peut écouler son courant autrement que de le dissiper par des résistances électriques dans les chaudières de centrales thermiques ordinaires, divisant par 3 son effet anti-CO2. C’est le seul moyen de faire de l’économie de CO2, dépenser une calorie chère pour en fabriquer 1/3 pour le même prix.
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Une chose encore méconnue, pourtant avérée depuis plusieurs années, c’est que les nouvelles installations éoliennes réalisées chaque année conduisent à une production d’électricité largement supérieure à l’électricité produite par les nouveaux réacteurs mis en service aux mêmes dates.
Comparatif : http://energeia.voila.net/energie/comparatif_nes.htm
Sur une période de six ans, le productible réalisé au niveau mondial est de 378 MWh par an pour l’éolien, 86 MWh/an pour le nucléaire et 65 MWh/an pour le solaire.
Mais l’année dernière, le solaire a dépassé le nucléaire.
Merci pour votre commentaire, mais on aimerait bien connaître la source officielle de ces données (hors energeia)