Hier vendredi à 18H00 a été rendu public le rapport du Comité européen des superviseurs bancaires (CEBS) mandaté par l’Union Européenne (UE) sur les tests de résistance imposés à 91 banques européennes.
On se demandait déjà avant l’annonce des résultats du “krach test” si les données seraient bidonnées.
La réponse est incontestablement: oui.
Le journal Investir (1) mentionne un rapport du FMI publié mercredi 21 qui indique:” qu’une incertitude concernant le caractère rigoureux ou non des tests de résistance va probablement persister”.
L’exemple des banques espagnoles étant nommément citées car elles auraient compté les aides publiques exceptionnelles comme des capitaux propres.
(En bon français, la manoeuvre s’appelle une magouille).
Le Figaro (2) cite les propos d’un économiste Charles Wyplosz, directeur du Centre international d’études monétaires et bancaires de l’Institut de hautes études internationales de Genève qui déclare: “Les autorité européennes n’ont pas forcé leurs banques à se recapitaliser. En n’appliquant les pertes des dettes souveraines que sur le portefeuille de trading des banques et pas sur leur portefeuille bancaire, on ne dispose pas d’informations sur les fameux actifs toxiques, liés au marché hypothécaire américain…Sans ces informations, on reste dans l’inconnu et on ne peut pas estimer si les banques peuvent encaisser un choc supplémentaire liés aux dettes souveraines grecque ou espagnole.
Pour fermer la marche, Le Monde (3) dans un édito en première page consacré au sujet commence par: Tardifs, incomplets et complaisants…Les bons résultats des tests de résistance des grandes banques européennes à un nouveau choc financier sont à peine publiés, vendredi 23 juillet, qu’ils suscitent déjà la critique.
On avait déjà eu les agences de notation dont le problème étaient d’être rémunérées par les établissements même qu’elles notaient, aujourd’hui c’est le CEBS qui ne convainc personne, et à priori surtout pas les marchés qui ne seront pas dupes de la manoeuvre, hautement politique au demeurant.
Mais le mot “pétrole” a t-il seulement été prononcé pendant la rédaction de ce fameux rapport?
Et en dehors de la méthodologie des tests, sujette à caution, du seuil de résistance pris en compte, ce “crash test” a t-il un sens sans la prise en compte du problème du pétrole?
On peut imaginer sans peine que l’équation à venir sera: dettes des états + dettes des banques + explosion et volatilité du prix du baril = problèmes sérieux à l’horizon.
Sources:
(1) Investir n° 1907 p 3
(2) Figaro 24/25 juillet p 25
(3) Le Monde 25/26 juillet

Une réponse à Un krach test des banques qui ne convaincra personne