Un maintien de la production de pétrole, volontaire ou non?

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)  a décidé de maintenir ses quotas de production inchangés à l’occasion de la réunion tenue le 14/10 à Vienne.

La vraie question est: le maintien est-il volontaire ou sont-ils incapables d’augmenter la production ?

L’organisation (1) compte essentiellement sur une augmentation de la production de l’Irak de l’ordre de  600 000 barils/j, tandis que l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit une hausse de la demande pour la période 2010-2011 à 300 000 barils/j.

Un silence pudique entourant le déclin des champs vieillissants, la réelle augmentation est donc dans l’épaisseur du trait.

Mais pour mieux lire entre les lignes et décoder le métalangage pétrolier, il est nécessaire de revenir en arrière et de faire un résumé des épisodes précédents
(l’histoire du pétrole est une saga, le pic pétrolier est son aggiornamento).

  • Si Ali Naimi, le ministre saoudien du pétrole a aujourd’hui estimé à l’occasion de la réunion que la situation était bien équilibrée, tant du côté des producteurs que des consommateurs. Le ton était très différent en mars 2009, quand il déclarait à corps et à cris « Il est nécessaire d’agir maintenant pour assurer l’approvisionnement énergétique du monde, sinon, nous allons vers une crise catastrophique »
  • Un peu plus tôt, le 21/2 c’est l’AIE qui s’inquiétait d’une baisse des investissements.
  • Plus près de nous, c’est Jean-François Hénin qui affirmait que “La quasi-totalité des acteurs bancaires ont disparu de l’exploration pétrolière
http://www.dailymotion.com/video/xf7k0o

On peut aussi relever d’autres points:

  • Sur la vidéo, le président de la compagnie Lybienne, Choukri Ghanem, “aimerait voir les prix plus élevés” du fait de l’augmentation de certains produits. Une telle déclaration est bien pratique, car elle peut dans le futur, justifier une augmentation des prix, sans qu’il soit nécessaire de parler de difficultés de production.
  • La présidence sera désormais tenu par l’Iran qui est comme chacun le sait dirigé par un président grand ami des occidentaux. La dernière fois que la présidence était dévolue à l’Iran, c’était en 1974, soit le lendemain du premier choc pétrolier, ce qui n’est pas un souvenir à proprement parler réjouissant.
  • L’Irak (2) venait quelques jours avant d’augmenter fort opportunément ses réserves de pétrole, à 143,1 milliards de barils, alors que l’annonce n’est entouré d’aucune découverte, ce qui rappelle la manip des réserves bidonnées des années 80.

A suivre

(1) Emmanuel Grasland, “Pétrole: l’OPEP va maintenir ses quotas de production“, Les Echos, 14/10/2010

(2) Emmanuel Grasland, “L’Irak se hisse dans le trio de tête des géants du pétrole”, Les Echos, 5/10/2010

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